Alors qu’il avait décroché dans les sondages au cours de l’été, la cote de popularité d’Emmanuel Macron est remontée de manière surprenante, et ce à gauche comme à droite. Il semble que la fragmentation du paysage politique français bénéficie au chef d’État, qui voit déjà le nouveau chef de l’opposition Laurent Wauquiez affaibli.  

Emmanuel Macron a gagné 10 points de popularité en deux mois, avec 52% des français satisfaits. À ce stade de la présidence, il enregistre un meilleur résultat que ses prédécesseur François Hollande et Nicolas Sarkozy qui affichaient seulement 37% et 52% de d’opinions positives en décembre 2012 et décembre 2007.

Le Premier ministre Edouard Philippe n’est pas en reste, avec une cote de popularité qui a gagné 5 points en décembre.

Emmanuel Macron approuvé par 52 % des Français

Selon un sondage effectué par BVA, 52% des français approuvent Emmanuel Macron. Il s’agit du taux d’approbation le plus haut depuis le mois de juillet où il s’établissait à 54%. Alors que ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy ont vu leur cote de popularité baisser de façon continue après leur élection, Emmanuel Macron enregistre de très bons scores six mois après sa prise de fonction. Cette popularité reste toutefois en retard de 16% par rapport au mois de mai.

Une hausse jamais vue hors cohabitation

Pour le moment, les seuls présidents à être remontés dans les sondages de manière aussi surprenante ne l’ont fait que dans le cadre d’une cohabitation. Ce fut le cas de François Mitterrand entre 1986, et de Jacques Chirac entre 1997 et 2002. Cela avait même reconduit à une réélection.

Le Premier ministre gagne aussi en popularité

Édouard Philippe n’est pas en reste et gagne également en popularité: 52% des actions déclarent approuver son action. Cela représente deux points de plus qu’au mois de novembre. D’après 66% des personnes interrogées il dirige l’action de son gouvernement de manière correcte, et 62% d’entre eux estiment qu’Édouard Philippe est un “homme de dialogue”.

Les raisons de cette remontée spectaculaire

1. Une opposition politique effritée

Lors de la campagne présidentielle et des législatives, le fondateur d’En Marche a profité d’un chamboulement politique et d’une opposition éclatée. Après l’effondrement du parti socialiste, la gauche est dominée par la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Du côté de la droite, elle a passé son temps à se reconstruire et à trouver un nouveau chef depuis le scandale Fillon au mois de juin.

2. Des indicateurs économiques encourageants

Si les considérations politiques donnent clairement l’avantage à Emmanuel Macron, il faut également considérer la manière dont les français perçoivent les diverses réformes mises en place par le gouvernement. Certes ces réformes ne suscitent pas un enthousiasme franc, mais force est de constater que les indicateurs économiques français sont encourageants: la confiance des ménages est en hausse, le climat des affaires s’améliore et l’expansion économique française est au plus haut depuis mai 2011.

3. Les français accordent à Macron le bénéfice du doute

Contre toute attente, les français semblent se montrer bienveillants face au pouvoir exécutif. D’après le baromètre Ifop du JDD, nombre d’entre eux se déclarent prêts à donner davantage de temps à Emmanuel Macron afin de se prononcer sur le sujet. Selon les spécialistes, cette embellie dans la cote de popularité de Macron serait liée à sa capacité à tenir ses engagements. En effet, il a tenu bon sur le réforme du code du travail et rassuré les français.

4. La présidence jupitérienne porte ses fruits

Au début méfiants vis-à-vis de la politique menée par Emmanuel Macron et par son Premier ministre, les français ont été séduits par les symboles utilisés pour incarner la fonction présidentielle. Le chef d’État s’est efforcé d’appliquer sa vision d’un pouvoir jupitérien conforme à l’idée des français du monarchisme de la Ve République: déambulation de nuit dans la cour du Louvre le soir de son élection et mise en avant de la gestion des grands dossiers diplomatiques font partie de cette stratégie. Il contraste ainsi avec Nicolas Sarkozy et François Hollande qui furent longtemps critiqué pour le volontarisme excessif du le premier et son indulgence vis-à-vis de son entourage pour le second.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo