Depuis le début de la semaine, l’armée du Président syrien Bachar Al Assad a tué 250 civils et fait 450 blessés dans la région de la Ghouta orientale, près de Damas. Malgré ce lourd bilan, les attaques ne semblent pas ralentir.

L’ONU a depuis réclamé sans succès “l’arrêt immédiat des bombardements” sur l’enclave rebelle où 400 000 personnes sont à présent assiégées. À en croire l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), la Russie serait responsable de plusieurs bombardements d’hôpitaux.

Les aviations russes et syriennes bombardent Ghouta

Malgré les appels de l’ONU qui réclame l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et dénonce une “souffrance insensée”, les armées russes et syriennes ont bombardé le fief rebelle de la Ghouta depuis lundi. Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), 250 civils ont été tués, dont 60 enfants. 17 personnes auraient été tuées dimanche, 127 lundi et 106 mardi.

En début de mois, la campagne a été lancée par le régime du Président Bachar al-Assad contre le dernier fief rebelle situé dans la région de la Ghouta. Pour la première fois depuis trois mois, l’aviation russe a bombardé la région, en visant particulièrement les hôpitaux de la région qui sont désormais hors service.

La région assiégée depuis 2013 serait aujourd’hui en proie à une “catastrophe humanitaire” sans précédent. Alors que la situation était déjà précaire pour les 393 000 habitants de la Ghouta orientale, l’escalade de la violence observée mène à des scènes qui font froid dans le dos.

D’après l’ONG Save the Children, il s’agit des bombardements d’une violence jamais vue : les dégâts sont plus importants que ceux observés durant la crise d’Alep en 2016. Pendant 48 heures, six hôpitaux de la région ont été bombardés.

Trois sont aujourd’hui hors service tandis que deux fonctionnent partiellement. Selon l’opposition syrienne qui dénonce le “silence international” face aux crimes d’al-Assad qui ravagent le pays depuis sept ans, il s’agit ni plus ni moins d’une “une guerre d’extermination”

Amnesty International estime que les bombardements récents contre des hôpitaux constituent des “crimes de guerre” ciblants volontairement la population. Les 393 000 habitants de la région sont non seulement assiégés depuis dix ans, mais également ciblés par des bombardements quotidiens délibérés.

La communauté internationale impuissante

La porte-parole de la diplomatie américaine se dit “extrêmement préoccupée” par les tactiques de Bachar al-Assad visant à “assiéger et affamer” la population. Du côté de la France, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a annoncé que “le pire était à venir” en Syrie.

Il est selon lui indispensable que le Conseil de Sécurité de l’ONU parvienne à une trêve humanitaire, sans quoi tous les éléments seront réunis pour une aggravation de la situation. Le Drian se rendra dans les prochains jours à Moscou et Téhéran afin d’évoquer la situation.

Le problème, c’est que l’ONU est depuis des années paralysée par la Russie, puissant allié d’al-Assad. Le pays a déjà opposé son véto à dix reprises au Conseil de Sécurité afin de protéger son allié. Bachar El-Assad a ainsi les mains libres pour continuer son opération de reconquête de la Syrie débutée en 2013. En huit ans de guerre, les conflit a déjà fait 350 000 morts.

L’armée turque assiège la ville d’Afrin

Un mois après le début de l’offensive «Rameau d’olivier» lancée le 20 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé devant son Parlement son intention d’assiéger rapidement la ville d’Afrin en Syrie pour y déloger une milice kurde.

Il a envoyé le 20 février des forces pro-régime afin de pénétrer dans la ville et se joindre à la résistance contre l’agression turque. D’un autre côté, un responsable kurde a annoncé que le gouvernement syrien et les unités de protection du peuple YPG avaient leurs forces pour déployer des unités à Afrin. Afrin est devenue en 2012 la première région kurde de Syrie échappant à Bachar Al-Assad.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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