Alors qu’il était le grand favori des élections internes du LR, Laurent Wauquiez a été élu avec 74.64% des voix le 10 décembre dernier. Sans grand rival, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a récolté assez de suffrages pour se passer d’un deuxième tour. La seule surprise de ce suffrage fut le nombre de votants, estimé à 100 000.

À la tête du parti Républicain, ses défis sont multiples: il est nécessaire d’élaborer une nouvelle ligne politique, de rassembler le mouvement et de se rapprocher de l’électorat populaire. Mais qui est Laurent Wauquiez, le nouveau patron de la droite tout juste âgé de 42 ans ?

Laurent Wauquiez l’emporte au premier tour

C’est avec 74.64% des voix que Laurent Wauquiez l’a emporté le 10 décembre dernier, ne laissant pas ne chance à ses adversaires Florence Portelli (16,11% des voix) et Maël de Calan (9,25% des voix). Celui qui est considéré comme le représentant d’une droite conservatrice est identitaire dispose désormais d’un mandat jusqu’en 2022. Avec son slogan “la droite est de retour”, il promet de “tout reconstruire” et de bâtir une droite qui “assume ses valeurs”.

Un parcours de premier de la classe

S’il ne s’en est jamais vanté, le CV de Laurent Wauquiez est pour le moins impressionnant: lycée Louis-le-Grand, lycée Henri-IV, École normale supérieure, Sciences Po Paris et ENA dont il sort major de promotion en 2001. Du côté de son parcours politique, c’est aussi brillant que ses études: le jeune Laurent Wauquiez travaille comme stagiaire auprès du maire d’Yssingeaux et Ministre des Affaires sociales dès 1997. Il se montre alors centriste et soucieux des valeurs sociales.

La rencontre de Soeur Emmanuelle

EN 1999, Laurent Wauquiez par en Egypte dans le cadre de son stage de l’ENA, pour enseigner aux Chiffonniers du Caire. Il affirme y avoir appris l’arabe et avoir rencontré Soeur Emmanuelle. En 2004, il récupère la circonscription de Jacques Barrot qui est alors nommé commissaire européen. À seulement 29 ans, Wauquiez devient le benjamin de l’Assemblée nationale. Il se fait remarquer et carrière politique sera rapide. En salle de presse des journées parlementaires de l’UMP, il annonce aux journalistes «Vous entendrez sûrement parler de moi!».

La droite en péril depuis l’échec de Fillon

Depuis l’échec de François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, la droite a traversé une période trouble. Incapables de se positionner face au président Macron, les Républicains ont donc choisi le candidat Wauquiez qui refuse appartenir à la “droite dure” et assure défendre la classe moyenne.

Protectionnisme et conservatisme

Laurent Wauquiez représente aux yeux de tous la droite décomplexée. Sa campagne a flatté ses militant mais en même temps irrité la droite modérée. En effet, le nouveau patron du LR a même subi plusieurs mises en garde de la part de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand qui avaient dénoncé les risques d’une dérive droitière trop poussée.

Après la victoire de Wauquiez, Bertrand quitte les Républicains

Ouvertement opposé à Laurent Wauqiez, Xavier Bertrand a décidé de jeter l’éponge et de quitter le parti Républicain. Selon lui, il existerait une “dérive’ au sein du parti, ce qui l’empêcherait de reconnaitre sa “famille politique”. Pour le moment, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy n’aurait pas prévu de créer sa propre structure.

Deux défis de taille pour Laurent Wauquiez

Après sa victoire, le nouveau patron du LR sera confronté à deux grands défis. Le premier, c’est de se batte contre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen pour remporter la tête de l’opposition. Son choix de ne pas soutenir Emmanuel Macron représente ici un atout. Le second défi sera de rassembler sa famille politique et de tuer dans l’oeuf les dissidences en provenance de l’aile modérée. Pour lui le pire scénario serait bien sûr la formation d’une opposition regroupant Agir et l’UDI.

Une proximité avec le FN qui fait débat

Afin de conquérir la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez a usé des formules choc, entre stigmatisation des immigrés, évocation d’un “grand remplacement” culturel en France ou encore célébration des “racines chrétiennes de l’Europe”. Malgré la proximité de son discours avec celui du Front National, Wauquiez aurait après sa victoire refusé de répondre à l’approche du Front National, leurs lignes politiques étant selon lui trop éloignées.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo