Il est au centre des toutes les conversations depuis plusieurs semaines : le plan pauvreté, proposé par le Président de la République Emmanuel Macron pour éradiquer la pauvreté, suscite de vives réactions auprès de la majorité.

Une enquête d’Ipsos vient de paraître, dénombrant le nombre de français vivant en-dessous du seuil de pauvreté à près de 8,8 millions, avec près de 65% des familles monoparentales se déclarant “pauvres”. 

De nombreuses minorités, des personnes à mobilité réduite, aux personnes retraitées, s’inquiètent du système de financement du plan pauvreté, qui, selon certains élus, n’est pas viable. Que faut-il attendre de ce projet, et est-il réalisable ? Analyse. 

Un taux de chômage inégal

Priorité du gouvernement : rétablir une classe moyenne et aider les jeunes diplômés issus des quartiers sensibles à trouver un emploi. Alors que le taux de chômage a atteint les 9%, le Figaro a enquêté sur les inégalités entre les différentes classes sociales. Résultat : le taux de chômage dans le sud, notamment près de Montpellier, atteint les 16%, alors qu’il n’est que de 9% dans la région parisienne.

Autre chiffre clé,  les villes où les diplômés sont les plus nombreux ont un taux de chômage exceptionnellement bas, soit 4,7%, comme en Vendée aux Herbiers et dans la banlieue parisienne, comme à Houdan dans les Yvelines.

Aider les familles monoparentales

En réponse aux familles monoparentales en grande détresse,  le plan pauvreté prévoit de financer les repas à la cantine pour les écoles publiques, afin d’en réduire les coûts. Désormais, le repas coûtera 1 euro.

Pour de nombreux élus locaux, cette mesure semble seulement traduire l’incompétence du gouvernement à connaître les mesures déjà en place dans certaines régions.

«Cela traduit une méconnaissance, une absence de dialogue entre l’Elysée et les communes rurales», estime André Laignel, Maire PS de la petite commune d’Issoudun, rapportait Libération.  Encore plus étonnant, ce Maire explique que «Dans ma commune, le repas au quotient familial le plus bas est à 0,90 centimes».

Le quotidien ajoute que plusieurs grandes agglomérations françaises sont d’ores-et-déjà au quotien familial, dont Lille, qui propose une grille de 15 tarifs, s’étendant de 0,50 à 5,62 pour un repas scolaire.

Une opposition sceptique

Dans l’opposition, la colère gronde. Agnès Buzyn, la Ministre des Solidarités, s’est même excusée après des propos véhéments contre le parti de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, qu’elle a proféré lors d’une session à l’Assemble Nationale.

En reprochant à la France Insoumise, parti d’extrême-gauche, de se « nourrir de la pauvreté », elle a suscité l’ire du parti.  En réponse à ses propos, le député Ratenon, membre du parti a publié un communiqué de presse où il a déclaré : « C’est une insulte profonde pour celles et ceux qui luttent avec force et abnégation pour une société plus juste. À travers moi, ce sont tous les pauvres que cette riche ministre insulte », a-il déclaré.

Une fusion des prestations sociales ?

Alors que le gouvernement promet une aide aux Français sans en dévoiler l’exact montant, le projet prévoit entre autres de remplacer le RSA par un «travail rémunéré », autrement dit, des emplois à faibles rémunérations. L’opposition y voit, au long terme, une paupérisation des chômeurs.

Enfin, les allocations logement et familiale devraient également diminuer, afin de créer une «  allocation sociale unique ».

Après que les propos d’Emmanuel Macron en off soient relayés dans la presse – il avait évoqué que le gouvernement dépensait « un pognon de dingue » pour aider les classes sociales les plus basses – le gouvernement se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques, alors que la popularité du Président se retrouve en chute libre, perdant 12 points cet été.

A présent, plus de sept Français sur dix (71%) ont une opinion négative du chef d’Etat.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo