En déclarant que les israéliens avaient “le droit” d’avoir leur État-nation au même titre que les palestiniens, l’héritier du trône d’Arabie Saoudite signe un nouveau rapprochement de son pays avec Israël.

Selon lui un accord de paix est indispensable pour garantir la stabilité de la région. Alors qu’après des années de négociations l’Arabie Saoudite a ouvert son espace commercial aux vols israéliens, il semblerait que les deux pays soient plus proches que jamais.

Aucune objection religieuse à l’existence de l’État d’Israël

Lors de son voyage diplomatique aux États-Unis, le nouvel homme fort de Ryad a déclaré au magazine The Atlantic n’avoir aucune objection religieuse quant à l’existence d’un État d’Israël. D’après lui “chaque peuple a le droit de vivre dans une nation pacifique” et qu’ainsi “les israéliens et palestiniens ont chacun le droit d’avoir leur propre terre”.

Il a ajouté qu’un accord de pais était essentiel pour garantir la stabilité de la région. Cela sous entend qu’il n’y aura de relation diplomatique entre les pays qu’après la résolution du conflit israélo-palestinien.

Celui qui affiche un visage de modernisateur a insisté sur le fait que son pays n’a “pas de problème avec les juifs” et que la seule inquiétude religieuse de ses citoyens était le devenir des mosquées de Jérusalem qui ont été annexées par Israel, qui constitue le troisième lieu saint de l’islam.

Pour rappel jusqu’à aujourd’hui l’Arabie Saoudite ne reconnaissait pas Israël comme lieu saint de l’Islam. Depuis des années, le pays demande le retrait d’Israël des territoires occupés. Ces déclarations surviennent après de nombreux gestes d’ouverture de l’Arabie Saoudite envers son ancien ennemi depuis deux ans. Le pays a d’ailleurs ouvert son espace commercial aérien à l’Israël pour la première fois en mars.

Un ennemi commun, l’Iran

Au moment où les dirigeants palestiniens refusent de reconnaître les États-Unis comme médiateurs de la paix et que le Premier ministre israélien déclare son pays alliés aux ennemis de Téhéran, les saoudiens semblent avoir des intérêts communs avec Israel. Mohammed ben Salmane n’a pas manqué d’égratigner son rival iranien le guide suprême Ali Khamenei, qu’il compare à Adolf Hitler.

Son voyage aux États-Unis est d’ailleurs voué à obtenir des soutiens pour sa campagne anti-Iran au Moyen-Orient. Aujourd’hui Israël et l’Arabie Saoudite voient l’Iran comme une menace immédiate. D’après le prince héritier Mohammed ben Salmane qui appelle à faire pression sur Téhéran, la confrontation entre l’Iran et l’Arabie Saoudite est inévitable d’ici 10-15 ans.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a quant à lui présenté Israël comme l’« indispensable allié » des Etats arabes opposés à Téhéran.

Mohammed ben Salmane, la royauté “progressiste”

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’héritier du royaume d’Arabie saoudite mis en place de nombreuses réformes depuis sa désignation. Surnommé MBS, il a assis son autorité politique en entreprenant une purge sans précédent auprès des élites saoudiennes. C’est grâce à lui que les saoudiennes auront le droit de conduire d’assister à des matchs de foot dès le moins de juin. Elles pourront même travailler.

Cependant des réformes clés sont toujours attendues dans le pays. On peut citer l’abolition de la peine de mort, la liberté d’expression, les discriminations systématiques contre les femmes ou encore la persécution des minorités chiites. Il faut savoir que l’Arabie Saoudite est l’un des pays du monde où l’ont exécute le plus de prisonniers.

Certes, les femmes ont depuis quelques mois le droit de conduire, mais elle sont toujours les victimes de discrimination généralisée dans tous les autres aspects de leur vie, en raison d’un système de tutelle répressif. Ce système impose à chaque femme un tuteur qui prend l’ensemble des décisions à sa place. En bref, les femmes sont des citoyens de seconde zone.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo