La dynastie Le Pen étend sa stratégie. La nièce du fondateur du Front National, Marion Maréchal-Le Pen a quitté la politique et vient de fêter les six mois d’une école qu’elle a lancée. 

Avec des frais d’inscriptions à près de €5.000 par an et par élève, l’Institut des Sciences Sociales Economiques et Politiques” n’est pas à la portée de tous, alors que les universités publiques sont gratuites dans le pays.

D’après le service de presse de l’ISSEP, plus de “120 candidatures spontanées de professeurs” auraient été enregistrées dès les premiers jours de l’annonce.

Une école pour former de nouvelles élites

Alors qu’elle a quitté le paysage politique, Marion Maréchal-Le Pen a, pendant de longs mois, préparé un coup d’éclat que peu de journalistes avaient prévu : devenir la directrice d’une école qui forme les politiques de demain, offrant un enseignement aligné avec les idées du Rassemblement National.

Calquée sur un modèle américain, l’école propose des formations classiques pour étudiants avec un niveau allant jusqu’au Master, ainsi que des formations continues. Une manière unique d’attirer plusieurs types d’étudiants – mais aussi, de potentiels électeurs.

Le service de communication s’est vanté d’avoir reçu plus de 120 candidatures spontanées. D’après l’Express, Eric Zemmour et Charles Beigbeder auraient été approchés pour être enseignants, avant de décliner l’offre.

L’effet médiatique a été instantané : en quelques heures, le site Internet de l’école était saturé. En quelques jours, l’établissement comptait près de 300 inscrits pour la rentrée 2018.

Pourtant, les frais d’inscriptions ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Pour une année passée à l’académie le Pen, il faut débourser au minimum €5.500.

Une coquette somme, alignée sur les prix des grandes écoles françaises telles que l’ESSEC ou HEC et à juste titre : l’objectif de Marion Maréchal-Le Pen étant d’attirer de jeunes étudiants éduqués et diplômés.

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L’ISSEP ravit Steve Bannon

A l’extrême-droite, le projet suscite l’admiration en France et au-delà des frontières. L’américain Steve Bannon, ancien Directeur de Breitbart, le plus grand site d’informations d’extrême-droite des Etats-Unis et ancien conseiller de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle, a exprimé à plusieurs reprises sa joie concernant l’ISSEP.

Pour lui, Marion Maréchal-Le Pen est une “star montante” de la politique en Europe. Il l’a notamment félicitée après son discours d’inauguration de l’école en mai 2018. D’après ses propres termes, l’apparition publique de la nièce de Jean-Marie Le Pen l’a “électrifié”.

Marine le Pen confirme cette entente entre les deux personnalités. Elle a notamment déclaré à la presse anglophone que Bannon et Maréchal “défendent les mêmes idées, surtout dans le domaine de l’éducation et de la politique. Je suis fière du projet de Marion”, rapporte PRI.

Un marketing bien léché

Ouverte pour la génération née avec les réseaux sociaux, l’école de Marion Maréchal-Le Pen a remporté le pari d’avoir une présence en ligne adaptée à la nouvelle génération : contenus attractifs, interaction en ligne… Mais six mois après, l’audience est faible.

L’école reste petite et peine à trouver des étudiants pour le premier semestre de 2019. “Pour le moment, on ne compte que trois petites salles de classe et un studio d’enregistrement qui ressemble à un plateau de télévision”, confie une source à PRI.

Pour certains politologues, Marion Maréchal-Le Pen souhaiterait revenir dans le monde de la politique et mener à bien le projet de son école – ainsi que de ses anciens élèves – pour l’aider à gagner les présidentielles. Une idée loin de la réalité ?

Pas si l’on en croit les programmes proposés de l’ISSEP, comme celui de “développer une stratégie victorieuse et organiser une équipe de campagne”, ou lorsqu’on écoute les réactions de Marion Maréchal-Le Pen sur ses intentions futures : “Si l’école fonctionne bien, je me présenterais oui, mais pas avant cinq ou dix ans”. 

Pour les experts, c’est une certitude : l’école lyonnaise sert de vitrine pour le clan Le Pen, qui se prépare stratégiquement aux prochaines élections présidentielles de 2022, loin du récent scandale de la vidéo censurée de Jean-Marie Le Pen, par sa propre fille, où il tenait, une fois n’est pas coutume, des propos négationnistes.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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