C’est une tendance qui se conforme au fil des semaines, l’ensemble des projections des instituts de sondages français donnent la majorité au parti d’Emmanuel Macron aux législatives.

Selon une moyenne des sondages, La République en Marche remporterait 371 à 398 sièges. Lors de la campagne présidentielle, les adversaires de Macron doutaient de sa capacité à constituer une majorité parlementaire en cas de victoire.

Les plus optimistes parlaient de cohabitation en cas de victoire, tandis que les pessimistes promettaient un retour à la quatrième République.

Ces pronostics sont sur le point d’être balayés. Ce résultat représente certes un succès pour le nouveau Président, même s’il présente des risques. Cette majorité représente-t-elle un cadeau empoisonné pour Emmanuel Macron ?

Les législatives, comment ça marche ?

Au cœur des législatives, 577 sièges. Ces élections suivent les élections présidentielles, et sont organisées au sein de 566 circonscriptions françaises en métropole et outre-mer, ainsi que 11 circonscriptions à l’étranger. C’est un scrutin majoritaire, uninominal, et sur deux tours.

Le premier tour aura lieu le 11 juin, et le second le 18 juin. Les électeurs verront sur leur bulletin de vote le nom des candidats et de leur suppléant. S’il emporte plus de 50 % des suffrages, un candidat peut remporter la circonscription au premier tour.

Dans le cas contraire, un second tour sera nécessaire. Ce second tour est susceptible d’opposer deux, trois ou quatre candidats.

French Paraliament Elections

Des élections hors normes

Les élections législatives sont dans la continuité des élections présidentielles : hors normes.

Les partis traditionnels sont affaiblis, une nouvelle génération de députés émerge et l’interdiction du cumul des mandats remodèlent profondément l’Assemblée.

Alors que la droite est fracturée, le PS a implosé, concurrencé par les candidats de la France insoumise et ceux d’En marche !

Une majorité parlementaire jamais atteinte depuis 1993

Selon les sondages, Emmanuel Macron pourrait obtenir entre 371 et 398 sièges à l’Assemblée. Sachant que son mouvement n’existait pas il y a un an, il s’agit d’une performance exceptionnelle.

Dans le cas où plus de 400 députés étaient élus, il s’agirait de la plus large majorité parlementaire depuis 1993.

Dans un contexte de participation très faible, le parti En marche obtient plus de 50 % des voix dans huit circonscriptions sur onze.

«Nous allons avoir beaucoup d’élus, presque trop. Il va falloir les encadrer de près pour éviter le foutoir», Emmanuel Macron

La majorité : un cadeau empoisonné ?

Face à ce succès écrasant, le chef de l’État s’inquièterait des dangers que représente un tel nombre d’élus. Sur le long terme, la situation serait en effet intenable, et empêcherait toute forme de rassemblement.

Sur la durée, une majorité est difficile à tenir car il faut alimenter un vrai débat démocratique face à une opposition faible et divisée.

Reste à savoir d’où va venir l’opposition : sera t-elle démocratique à l’Assemblée ou dans la rue ?

La fin de la bipolarisation politique

the French People need to be heard

Depuis le milieu des années 1960, un modèle de bipolarisation de la politique a été instauré en France. Il mène à une alternance des coalitions droite/gauche, système mis à mal par la majorité obtenue par Macron, qui met un pied dans la fourmilière.

Dans les années 1970, les quatre principaux partis recueillaient presque 90 % des suffrages. Cela change à la fin des années 1980, alors que les électeurs s’éloignent des partis classiques et que le clivage gauche/droite se brouille.

En 2017, Macron se positionne comme un Président « de droite et de gauche », persuadé qu’il est aujourd’hui essentiel de forger un nouveau fonctionnement politique basé sur le centrisme.

Macron prépare déjà l’après-législatives

L’été sera chargé pour le nouveau chef d’État, qui planifie d’ores et déjà une série de réformes. À l’Elysée, on assure qu’il ne perdra pas de temps au lendemain des législatives. Le projet de loi de la moralisation de la vie publique sera d’ailleurs présenté le 14 juin prochain.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo