Afin de défendre le droit au port d’arme et d’apporter son soutien au lobby de la National Rifle Association (NRA), le Président américain Donald Trump a jugé bon de mimer les attentats du Bataclan de 2015. Selon lui, un client ou un employé armé aurait pu arrêter le massacre ce jour là.

Les proches des victimes et la sphère politique française s’indignent et demandent “le respect de la mémoire des victimes”. Alors que l’ancien Président de la République François Hollande dénonce des propos “honteux”, Emmanuel Macron ne s’est toujours pas exprimé sur le sujet.

Un discours pour défendre les armes à feu

Dans un discours à la convention de la NRA, le puissant lobby pro-armes américain, Donald Trump a défendu le droit de porter une arme. Pour cela, il a utilité les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Selon lui le nombre de victimes aurait été plus faible si un employé ou un spectateur avait été armé ce soir là. “Boum, viens-là”. En faisant un geste de djihadiste tirant sur les victimes, Trump a raconté les évènements du Bataclan.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump se sert des attentats pour valider ses idées. Deux jours après les attaques du 13 novembre, il avait déclaré “personne n’était armé”, “on peut dire ce qu’on veut, s’ils avaient eu des armes, si nos gens étaient armés, s’ils avaient le droit de porter des armes, la situation aurait été très, très différente.” Son argument ? Pour désarmer un méchant, il faut armer un gentil.

Premier Président américain depuis Reagan à s’exprimer lors des conventions de la NRA, Trump est un habitué de ces évènements. Il y a participé pour la 5ème fois cette année, devant 70 000 personnes. C’est d’ailleurs la NRA elle-même qui a financé sa campagne présidentielle en 2016.

Le lobby avait à cette époque versé au candidat la somme de 30 millions de dollars, un record de dons historique. S’il a fait mine de durcir quelque peu la législation après la fusillade de Parkland le 14 février dernier, Trump a rassuré la NRA quant à ses intentions: rester l’ami des armes.

Les proches de victimes et politiques révoltés

Si la mise en scène de Trump a plu à son auditoire, il en est tout autre pour les victimes et leurs proches qualifient ces propos de “clowneries inacceptables”. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères français Agnès von der Mühll a déclaré dans un communiqué: « La France exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes ».

Du côté du Quai d’Orsay, on affirme que “La France est fière d’être un pays sûr où l’acquisition et la détention d’armes à feu sont strictement réglementées”. L’efficacité et le professionnalisme des forces d’interventions spéciale grâce à qui “des centaines de vies ont pu être épargnées” ont été salués par le ministère,

Pour rappel, le 13 novembre 2015 90 personnes furent tuées au Bataclan dans un attentat revendiqué par l’organisation État islamique (EI). Le Président de la République de l’époque François Hollande a également dénoncé ces propos qu’il qualifie de “honteux” et de “simagrées obscènes“. Selon lui, ces propos et simagrées en disent long sur ce que Trump pense de la France.

Du côté d’Emmanuel Valls, il tweete “Indécent et incompétent. Que dire de plus“.

Le silence de Macron fait polémique

À ce jour, le Président français Emmanuel macron ne s’est toujours pas exprimé quant aux propos déplacés de Donald Trump. Sa position est délicate: la semaine dernière, il était en pleine “Bromance” avec Donald Trump lors de sa visite officielle à Washington.

Mais malgré cela, cette “amitié” largement affichée ne fait pas avancer d’un poil les dossiers sur le nucléaire iranien ou encore sur le climat. Qui plus est, Macron doit à présent gérer l’imprévisibilité de Trump tout en restant crédible aux yeux des français. Le secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a appelé Macron à réagir en son propre nom. L’Élysée a rétorqué qu’il n’interviendrait pas.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo