Les élections européennes 2019 auront lieu le 23 et 26 mai prochains. D’après de nombreux sociologues et économistes, l’extrême droite pourrait dominer les suffrages dans l’ensemble de l’Union européenne.

C’est le cas en Italie, en Grèce, en Hongrie, mais aussi en France, où le mouvement des gilets jaunes prend un nouveau tournant.

Hier, le Président de la République, Emmanuel Macron a ordonné la dissolution de trois groupes d’extrême droite, alors que les crimes antisémites ont augmenté de 75% en un an.

Le Front National, désormais renommé “Rassemblement National”, semble plus près que jamais d’attirer les électeurs de tous bords, entre déçus du macronisme et une opposition quasi inexistante.

Alors que la droite panse encore ses plaies après l’affaire Fillon qui a éclaté lors des présidentielles, le Parti socialiste apparaît plus divisé que jamais. Analyse. 

Macron dissout trois groupuscules

Ils tirent leurs noms des jeunesses hitlériennes et ont ouvert des antennes à Aix-en-Provence, Angers, Chambéry, Clermont-Ferrand, Lyon, Marseille ou encore Strasbourg… Trois groupuscules d’extrême-droite très actifs ont suscité l’inquiétude de nombreux riverains.

Avec des noms inspirés des devises de la jeunesse hitlérienne, comme “Blut und Ehre” (sang et honneur),  ou encore Bastion Social, basé sur le mouvement lancé par Mussolini, les organisations ont pour but d’attirer de jeunes électeurs en quête d’identité.

L’extrême droite connaît un regain de popularité, non sans rappeler les années 1990 à l’époque où le GUD – groupe d’extrême droite étudiant – sévissait contre les étudiants juifs et la communauté juive à Paris.

Lors du dîner du Crif, Emmanuel Macron a appelé à tracer des «nouvelles lignes rouges par des mesures concrètes et des décisions que la loi permet aujourd’hui de prendre».

Cependant, la dissolution de ces partis n’est, pour beaucoup, qu’une mesurette, les partis ayant tendance à se reformer aussitôt sous un autre nom.

Les gilets jaunes voteront-ils Le Pen ?

Alors que l’acte XV des gilets jaunes aura lieu ce samedi à Paris aux Champs Elysées et dans toute la France, le parti commence à s’organiser et à créér sa propre liste pour les élections européennes.

Seul hic : le parti ne rassemblerait que 3% des votes, selon un sondage réalisé par Ifop-Fiducial, avec une chute de 4,5 points si le scrutin devait se dérouler le 24 février.

Alors que le mouvement se revendiquait anarchiste à sa genèse, les ramifications diverses des derniers mois ont brouillé les pistes.

Dernièrement, le soutien du Ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, très proche de Marine le Pen, a soulevé de nombreuses interrogations.

La semaine dernière, le philosophe Alain Finkelkraut a été victime de violentes insultes à caractère antisémite par certains gilets jaunes en marge de la manifestation sur les Champs Elysées. Il a décidé de ne pas porter plainte.

Le Rassemblement National pourrait remporter 20% des intentions de vote contre 24% pour le parti d’Emmanuel Macon. Au même moment, les partis historiques ont du mal à faire leur place.

Droite et gauche font du sur place

La droite a bien du mal à rassembler depuis le scandale de l’affaire Fillon. Selon un sondage Ipsos pour Le Point, Laurent Wauquiez n’arriverait qu’à la dixième place du classement des candidats préférés pour le parti des Républicains.

Nicolas Sarkozy serait largement en tête avec 77%, alors que Laurent Wauqiez ne rassemblerait que 39% des voix.

Plus surprenant encore, c’est Marion Maréchal-le Pen qui remporterait la sympathie des électeurs de droite, elle se place désormais deuxième politicienne préférées des Républicains.

A gauche, la dispersion est à l’ordre du jour : les listes n’ont toujours pas été publiées.

Aucune figure connue ne s’est encore présentée. “Je pense que nous avons suffisamment de talents au Parti socialiste pour avoir une belle liste”, a partagé Rachid Temal, sénateur PS lors d’une interview sur la chaîne de télévision Public Sénat, avant d’ajouter : “il faut maintenant partir au combat !”

Alors que les principaux partis politiques semblent plus instables que jamais, la situation pourrait profiter aux nouveaux partis et aux extrêmes, dans un contexte politique incertain.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo