Souvenez-vous, après son élection surprise en 2017, Emmanuel Macron avait promis au directeur de Mediapart une interview “un an après”. En recevant Mediapart et BFMTV le 15 avril dernier, le chef d’État a donc fait d’un pierre deux coups.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que lors de l’entretien de presque trois heures, la forme a pris le pas sur le fond : Macron a très longuement justifié l’action de la France en Syrie, pour ensuite annoncer la reprise de la dette de la SNCF en 2020.

Points clés de l’interview du dimanche 15 avril

  • Aucun nouvel impôt ne verra le jour d’ici à 2022
  • La dette de la SNCF sera reprise par l’État le 1er janvier 2020
  • Les frappes françaises en Syrie sont “une réussite”

1. Les frappes en Syrie sont un succès

Emmanuel Macron a affirmé que l’opération de frappes en Syrie avait été un succès. Selon lui l’opération militaire mise en place sur trois sites avait été réussie, sans aucune victime à déplorer : seules les capacités de fabrication d’armes chimiques ont été détruites.

Cependant, le chef d’État n’a pas été capable de prouver que Damas utilisait des armes chimiques. Interrogé sur la désapprobation de l’ONU quant à ces attaques, il a répondu que l’hexagone avait “pleine légitimité internationale” en la matière.

Il a finalement confirmé son déplacement en Russie au mois de mai pour discuter avec Vladimir Poutine, jugé coupable de complicité avec Bachar el-Assad dans ces attaques chimiques.

2. Une nouvelle journée de solidarité  envisageable

Afin de financier la dépendance, qui est considérée comme le “cinquième risque” français, Emmanuel Macron a annoncé envisager la mise en place d’une deuxième journée de solidarité. C’est Jean-Pierre Raffarin qui avait décidé de faire travailler les salariés gratuitement le lundi de Pentecôte en 2004 pour faire face au coût de la canicule de 2003.

3. L’État reprendra la dette de la SNCF en 2020

Emmanuel Macron a annoncé que l’état français allait en reprendre “une partie” des €47 milliards de la dette de la SNCF, dès 2020. Quant à la réforme, il affirme qu’elle reste “indispensable”. Il a ajouté que la SNCF ne serait pas privatisée, et que l’arrêt du statut de cheminot donnerait davantage de marge de manoeuvre au groupe.

4. Non, il n’a pas fait de cadeaux aux riches

Attaqué sur la réforme de l’ISF, Macron est resté catégorique : non, il n’a pas fait €5 milliards de “cadeaux fiscaux” en supprimant l’impôt sur la fortune en faveur d’une “flat-tax” à hauteur de 30%. Il a ajouté que cette mesure serait réévaluée d’ici deux ans. Ce qu’il a assumé, ce sont ses “gestes” ayant pour but de garder les talents en France et d’attirer les investisseurs.

5. Notre-Dame-des-Landes : la colère “n’est pas légitime”

Interrogé sur l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, Emmanuel Macron a affirmé que la colère des opposants était “illégitime” et qu’elle “n’avait rien à voir avec la colère des cheminots”.

Selon lui, les personnes qui “accaparent le domaine public” de manière illégale sont à blâmer dans cette affaire. Il a ajouté que tout ce qui devait être évacué le sera le 23 avril, conformément au délai de régularisation.

6. Aucun nouvel impôt ne sera créé d’ici à 2022

Le chef d’État a assuré être conscient de l’effort demandé aux retraités avec la hausse de la CSG, pour ajouter que le but était “que le travail paie mieux” pour les travailleurs. Par ailleurs, il a déclaré qu’aucun nouvel impôt ne serait mis en place en France jusqu’à la fin de son quinquennat, soit d’ici 2022.

7. Aucune tolérance envers la fraude fiscale

Interrogé sur les 60 à €80 milliards de pertes causés chaque année par la fraude fiscale, Emmanuel Macron s’est montré très formel et a assuré que le gouvernement serait “intraitable” et “sans aucune complaisance” quant à ces dérives.

Il a affirmé considérer qu’il est essentiel que la France converge sa fiscalité avec celle des autres pays de l’Union Européenne. Quant au groupe Kering qui est accusé d’une évasion fiscale de €2,5 milliards, Macron a répondu que le service fiscal français “travaillait de manière indépendante”, sans aucune instruction de sa part.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo