Alors que Donald Trump a annoncé la semaine dernière le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, Téhéran multiplie les visites auprès des autres grandes puissances signataires (France, Russie, Chine, Royaume-Uni et Allemagne).

L’Iran a annoncé qu’il souhaite rester dans le cadre de l’accord signé en 2015, à condition que ses intérêts soient protégés, c’est à dire que les relations commerciales du pays avec l’Europe soient maintenus. Reste encore à rallier les signataires à sa cause. L’offensive diplomatique a débuté le 12 mai à Pékin, pour se poursuivre à Moscou et Bruxelles.

Téhéran tente de sauver l’accord à tout prix

Après le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne, l’Iran souhaite à tout prix éviter un conflit ouvert avec son ennemi juré, Israël. Ce dernier a félicité le retrait américain et immédiatement lancé plusieurs raids aériens contre les cibles “iraniennes” en Syrie. Pour rappel, Washington a justifié son retrait par l’influence “déstabilisatrice” de l’Iran à travers le Moyen-Orient, et dénoncé les roquettes et missiles tirés sur l’Arabie Saoudite. Cette escalade de tensions alarme la communauté internationale.

Selon le ministre des Affaires étrangères américain, les attaques répétées de l’Iran contre le sol syrien sont faites sous des prétextes inventés et sans aucun fondement. Après la décision de Trump, il semble qu’Israël a eu le sentiment d’avoir le “feu vert” des États-Unis pour être davantage agressifs envers la présence de l’ran en Syrie.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammed Javad Zarif s’est déjà rendu en Chine, premier partenaire commercial de l’Iran et donc premier à recevoir une visite diplomatique. Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a d’ores et déjà promis que la Chine allait adopter une “attitude objective, juste et responsable” et qu’il allait “continuer à travailler pour maintenir l’accord”.

La Chine est le premier importateur de pétrole de l’Iran avec 9,2 milliards d’euros par an d’or noir acheté? Mohammed Javad Zarif s’est ensuite rendu à Moscou et Bruxelles pour tenter de convaincre la directrice de la diplomatie de l’UE et ses homologues allemands, français et britanniques.

Négociations musclées entre l’Europe et les États-Unis

D’après les spécialistes, Iran se trouve dans une position délicate: le pays a besoin de montrer sa fermeté envers les États-Unis et Israël, mais en ménageant les européens afin de préserver ce qui reste de l’accord. Du côté de l’Europe, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont conformé leur volonté de continuer à mettre en oeuvre le texte. En cas d’échec, le pays sera en mesure de reprendre son programme nucléaire.

Conclu en 2015, l’accord de Vienne vise à faciliter les échanges commerciaux avec Téhéran et à relancer l’économie du pays, tout en levant les sanctions internationales qui concernent le pétrole iranien. En échange, l’Iran s’est engagé à surprendre ses activités nucléaires à ne jamais tenter d’obtenir de bombe atomique, le tout étant contrôlé par l’Agence internationale de l’énergie atomique qui a garanti le respect de la partie iranienne à 11 reprises en dix ans.

Alors que les États-Unis menacent de sanctionner l’ensemble des entreprises qui font des affaires avec l’Iran, une négociation musclée s’annonce avec l’Europe qui protestent contre ces sanctions. Dans un entretien téléphonique, Emmanuel Macron s’est entretenu avec Donald Trump à qui il a confié sa “grande préoccupation” quant à la stabilité de la région. Macron est formel: “Nous ne pouvons plus laisser d’autres décider pour nous”.

L’Iran fixe un délai pour obtenir des “garanties”

D’après un responsable iranien, le pays accorde entre 45 et 60 jours de délai aux signataires européens pour assurer ses intérêts dans le cadre de l’accord. Dans le cas où les européens ne donnent pas de garanties à l’Iran, ses responsables prendront les “décisions nécessaires”.

Lors de sa visite à Moscou, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif a déclaré souhaiter des “assurances pour l’intérêt du peuple iranien” de la part des signataires européens du texte. Il avait affirmé vendredi dernier que Téhéran se préparait déjà à reprendre l’enrichissement industriel de son uranium, et ce sans aucune restriction dans le cas où l’Europe ne respecte pas ses engagements.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo