Tout comme en 2017, Emmanuel Macron et Donald Trump se sont à nouveau affrontés devant l’Assemblée générale de l’ONU. Cette fois, les deux Présidents se sont exprimés au sujet du conflit iranien. Macron est monté sur scène une heure après Trump, pour lui répondre quasiment point par point, et avec des opinions diamétralement opposées.

Son discours tantôt dramatique, tantôt lyrique a tout à tour dénoncé la “loi du plus fort” et lunilatéralisme” qui selon lui conduisent directement “au repli et au conflit”. La messe est dite.

Macron dénonce “la loi du plus fort”

Avec encore plus de conviction qu’en 2017, les deux chefs d’état ont tour à tour présenté leur vision du monde devant 193 pays membres de l’ONU. Donald Trump et Emmanuel Macron ont chacun défendu leurs approches radicalement différentes pour régler le conflit iranien.

Une heure après le discours de son homologue, Emmanuel Macron a vivement condamné ce qu’il appelle la “loi du plus fort“.

Il a prévenu : “La loi du plus fort, celle de l’unilatéralisme, conduit nos pays au repli et au conflit. La loi du plus fort ne protège aucun peuple. Nous savions que l’Iran allait développer son arsenal nucléaire militaire et la seule chose qui l’a stoppé est l’accord de Vienne de 2015. Aujourd’hui, nous ne devons en aucun cas entretenir les tensions régionales, mais au contraire promouvoir le dialogue et le multilatéralisme”.

Cette dernière phrase fait une allusion à la décision de Donald Trump de sortir de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

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“Un nouvel équilibre mondial” ?

Dans son discours enflammé, Emmanuel Macron s’est directement adressé aux pays de l’Assemblée générale de l’ONU : “Nous devons travailler ensemble pour développer un nouveau modèle et mettre en place un nouvel équilibre mondial. Il est essentiel que cet équilibre repose sur une coopération internationale et régionale. Sa structure doit reposer sur trois principes : le respect des souverainetés nationales, le renforcement des coopérations régionales et enfin la mise en place d’une coopération plus solide au niveau international“.

Concernant ces trois principes, il ajoute qu’il est nécessaire de “veiller à régler les situations de crises contemporaines.” Au sujet de la crise lybienne et du terroriste au Sahel, Macron est très clair : il considère que “chacune de ces crises peut être réglée en articulant les principes de la souveraineté des peuples, de la coopération régionale et d’un vrai engagement de la communauté internationale”. Il a finalement martelé : “Le grand combat de nos aînés a été celui de la paix, et il nous incombe toujours, nous le gagnerons au 21ème siècle qu’en restaurant un multilatéralisme fort et capable de régler les conflits

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L’ONU : une organisation “impuissante”

Emmanuel Macron n’a pas caché son inquiétude quant à la “crise profonde” que traverse “l’ordre international”. Selon lui, l’ONU est elle-même menacée par son impuissance. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, est du même avis. Ce dernier avait déploré l’état chaotique du monde et regretté les nombreuses critiques visant le multilatéralisme qui serait selon lui un “absolument nécessaire”.

Le chef de l’état français considère que les “inégalités profondes” survenues durant les dernières décennies sont le “coeur du problème”. Tel un Robin des Bois des temps modernes, il cite les “250 millions d’enfants qui n’ont pas le droit à l’école” ou encore les “783 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté” et “les 200 millions de femmes qui n’ont pas accès à la contraception”.

En revanche, aucune piste concrète d’amélioration n’a été apportée lors de ce discours enflammé. Pas facile de se débarrasser de l’étiquette de “Président des riches” qui lui colle à la peau depuis le début de son mandat. Mais Emmanuel Macron compte bien changer la donne en présidant un G7 en 2019, consacré à la lutte contre les inégalités. Affaire à suivre.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo