Après avoir reçu le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron a annoncé qu’une reconnaissance de l’État de Palestine par la France ne serait “pas efficace” pour sortir le conflit israélo-palestinien de l’impasse.

Non seulement l’État français ne reconnaîtra pas la Palestine, mais Emmanuel Macron en profite pour passer un message à son homologue américain Donald Trump: sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël apparaît comme une marginalisation.

Il faut dire que l’annonce du Président américain a mis le feu aux poudres, contrastant avec les positions de ses prédécesseurs ainsi qu’avec la communauté internationale sur le sujet.

Là où tout a commencé: la décision de Trump

À la surprise générale, Donald Trump rompt avec ses prédécesseurs et reconnu le 6 décembre dernier Jérusalem comme la capitale d’Israël. Qu’est-ce que cette décision implique ? Concrètement, le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, ce qui devrait prendre entre trois et quatre ans.

Pourquoi cette décision pose t’elle problème ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que conflit sur Jérusalem est ancien. Considérée comme sainte pour trois différentes religions à savoir le judaïsme, l’islam et le christianisme depuis la fin de la première guerre mondiale, elle est considérée comme la capitale “indivisible et éternelle” d’Israël depuis les années 1970. Le problème avec la décision de Trump, c’est qu’il n’a à aucun moment évoqué la revendication des palestiniens.

Aucun plan de paix ne sera accepté par la Palestine

Après que Donald Trump ait publiquement reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, le Président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron qu’aucun plan de paix offert par les États-Unis ne serait accepté. Le président palestinien a ajouté que “les américains se sont disqualifiés” eux-mêmes avec ces déclarations. Selon lui le droit international aurait été violé, ce qui appelle à un soutien de la communauté européenne.

Des déclarations condamnées par l’ONU

Cette résolution non contraignante des États-Unis est loin d’avoir fait l’unanimité au sein de l’ONU: 128 pays membres sur 193 ont voté contre, dont des pays historiquement alliés de l’Oncle Sam tels que le Royaume-Uni et la France. Pour les États-Unis, la perte de ses alliés sur ce sujet et ce malgré ses menaces financières est un véritable échec. La veille du vote, Donald Trump avait haussé le ton et menacé de couper les fonds aux pays votant à son encontre.

Les relations entre Washington et la Palestine tendues

Alors que la diplomatie américaine se prépare à mettre en place un grand “plan de paix” avec la Palestine avec laquelle elle est en froid depuis des années, les déclarations de Trump et le vote de l’ONU risquent de souffler des vents contraires sur ces projets. La présentation de ce plan préparé en secret par Jared Kushner devra probablement être repoussée au deuxième trimestre de 2018.

Selon Macron, les américains sont “marginalisés”

Lors de sa rencontre avec le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas le 22 décembre dernier, Emmanuel Macron s’est affirmé en déclarant que les américains étaient “marginalisés” sur le dossier israélo-palestinien. Il a ajouté ne pas vouloir en faire de même, et pour cette raison refuse de reconnaître l’État de Palestine. Cette initiative serait selon lui “inefficace” car prise pour s’opposer à la politique américaine.

Le Guatemala, premier État à suivre Trump

Dimanche dernier, le président du Guatemala Jimmy Morales a annoncé suivre la décision de Donald Trump et transférer l’ambassade de son pays à Jérusalem. Quelques heures après cette annonce, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a félicité une “formidable nouvelle”.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo