Dès la rentrée 2019, l’école sera obligatoire pour tous à partir de 3 ans. Alors que 97% des enfants sont déjà scolarisés à cet âge, cette mesure est symbolique: elle place l’apprentissage et l’acquisition du langage au coeur de l’éducation.

Cette mesure symbolique vise à montrer qu’Emmanuel Macron prend le problème de l’échec scolaire à la racine.

Une mesure symbolique d’Emmanuel Macron

Après les dédoublements de classes dans les écoles primaires et la réforme du bac, Emmanuel Macron s’attaque à l’école maternelle. L’âge de l’instruction obligatoire sera ainsi abaissé de six à trois ans dès la rentrée 2019. Les effectifs des classes seraient également réduits, la France ayant un taux d’encadrement plus faible que la moyenne européenne avec 1 enseignant pour 22 enfants contre 1 enseignant pour 14 enfants.

Sachant que 97% des enfants français de plus de 3 ans sont scolarisés et que ce taux passe à 100% pour les plus de 4 ans, cette mesure est symbolique et vise surtout à reconnaître l’importance de l’école maternelle dans l’instruction des enfants.

Selon Emmanuel Macron, l’école maternelle ne doit en aucun cas être vue comme un lieu de garde ou une simple préparation à l’école primaire, mais plutôt comme un lieu d’apprentissage et de développement émotionnel.

Aujourd’hui en France 25 000 enfants de 3 ans ne fréquentent pas la maternelle, chiffre qui cache des disparités territoriales. Si 93% des enfants de cet âge fréquentent une école maternelle à Paris, le chiffre tombe à 70% pour les départements d’outre-mer et à 87% en Corse. C’est bien évidemment dans les quartiers les plus défavorisés que les disparités sont les plus importantes.

Par ailleurs, la France dépense beaucoup moins que ses voisins européens pour l’éducation en maternelle: avec seulement 6 250 euros par élève et par an (en 2014), ce qui est 15% de moins que les autres pays de l’OCDE.

La France dépense ainsi beaucoup moins que d’autres pays tels que l’Autriche, les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne. À titre de comparaison, les lycées français bénéficient de dépenses 37% plus élevées que les autres pays de l’OCDE.

Pourquoi cette décision est-elle importante ?

La scolarité est obligatoire en France pour les enfants de 6 à 16 ans, et ce depuis 1959. Le 15 novembre 2016, alors qu’il dirigeait encore l’Essec, Jean-Michel Blanquer avait déclaré: « Moi président, je ferai de l’école maternelle l’école du langage ». Aujourd’hui ministre de l’Éducation, il ne semble pas avoir perdu ses ambitions.

La recherche internationale est formelle: les trois premières années de la vie d’un individu sont les plus importantes pour le développement de son cerveau, en particulier au niveau du langage et des relations sociales. Les inégalités entre les individus peuvent donc se faire dès l’école maternelle.

D’après une étude du CNRS, au moment de l’entrée au CP 20% des enfants ne maîtrisent pas plus que 250 mots tandis que les 80% restants en maîtrisent au moins 1 200. De plus, ceux qui passent davantage de temps à l’école maternelle auraient de meilleurs résultats par la suite. Aujourd’hui en France, 20% des enfants seraient en situation d’échec scolaire.

Pour les parents, cette mesure ne changera pas grand chose, étant donné que la majorité d’entre eux scolarise déjà ses enfants de 3 ans. Cette obligation entraînera des contraintes accrues en termes d’assiduité et donc moins d’absentéisme. Cela permettra également de s’assurer que tous les enfants nés après le mois d’avril 2018 ont effectué les 11 vaccins obligatoires.

Quel sera le coût pour l’État ?

Si on se base sur une moyenne de 25 élèves par classe, accueillir 20 000 élèves de plus en école maternelle conduirait à créer 800 postes d’enseignant sur le territoire. En raison d’un taux de natalité en baissé les effectifs devraient également baisser pour les écoles maternelles, de l’ordre de 25 000 élèves en moins à la rentrée 2018.

Il est possible que cette mesure entraîne l’augmentation du nombre d’écoles maternelles privées fonctionnant sous contrat. En vertu de la loi Debré de 1959 les communes doivent verser un forfait à ces dernières, ce qui va représenter une dépense non négligeable pour les mairies.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo