Depuis quelques semaines les accusations d’agression et de viol se multiplient à l’encontre du producteur américain Harvey Weinstein.

De nombreuses actrices de premier plan, telles qu’Emma De Caunes, Angelina Jolie et Kate Winslet sont sorties de l’ombre pour témoigner de sévices subis depuis les années 1990. Face à ce scandale, Emmanuel Macron a annoncé le retrait prochain de la Légion d’Honneur de Weinstein qui lui avait été attribuée en 2012 par Nicolas Sarkozy.

Un scandale d’envergure mondiale


Tout a commencé le 10 octobre 2017 avec le journal New York Times qui a publié des témoignages d’actrices hollywoodiennes accusant les agissements d’un producteur américain très puissant, Harvey Weinstein.

Depuis les années 1990, le fondateur de Miramax aurait harcelé, agressé sexuellement et même violé ses victimes en toute impunité. Il a depuis été licencié de sa société de production et banni des Oscars.

Qui sont les victimes de Weinstein ?

Les premières actrices à témoigner publiquement contre Harvey Weinstein furent Ashley Judd et Rose McGowan. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour parler ? Tout simplement par peur de ruiner leur carrière.

D’autres actrices ont rapidement suivi telles qu’Asia Argento, Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Cara Delevingne ou encore les françaises Emma De Caunes et Léa Seydoux.

Harvey Weinstein perd sa Légion d’honneur


Emmanuel Macron a annoncé avoir “demandé au Grand chancelier de l’Ordre de procéder à une procédure disciplinaire” à l’encontre du producteur américain Harvey Weinstein.

D’après le règlement de la Légion d’Honneur. une exclusion, suspension ou blâme peut être appliqué dans le cas où un “comportement contraire à l’honneur” est observé chez un français ayant reçu la précieuse médaille.

Mais pour les étrangers, le règlement prévoit un simple retrait après décret du Président de la République. Le cas s’était déjà présenté ces dernières années avec le couturier John Galliano et le coureur cycliste Lance Armstrong

Un retrait symbolique

La Légion d’honneur n’apporte que peu d’avantages pour l’intéressé : en être décoré, c’est recevoir un simple titre honorifique qui donne le droit de porter l’insigne et d’avoir un grade honorifique mentionné dans les actes de l’état civil.

Dans le cas d’Harvey Weinstein, le retrait est purement symbolique et représente une volonté de distancer la France avec le scandale.

Accusations de viols et agressions sexuelles

Le producteur américain de 65 ans, l’un des plus puissants d’Hollywood, est accusé à la fois de viols, d’agressions et d’harcèlement sexuel.

S’il a jusque maintenant nié toute relation non consentie, de nombreuses actrices ont brisé le silence sur des comportements qui auraient duré pendant des décennies.

Harvey Weinstein, le sommet de l’iceberg ?

Le harcèlement sexuel serait malheureusement très commun dans l’industrie du cinéma, en particulier à Hollywood.

Dans la presse américaine, le mot “omerta” ne cesse de revenir et on accuse le silence de nombreux acteurs du cinéma américain qui étaient au courant des agissements de Weinstein.

Comment le producteur a t-il pu agir en toute impunité pendant tant d’années ? Depuis quelques semaines, un grand déballage a commencé et les accusations de harcèlement se multiplient envers des producteurs et réalisateurs.

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Deux enquêtes ouvertes

Seulement deux enquêtes ont été ouvertes pour le moment, la première à New York pour une agression sexuelle en 2004 et la deuxième au Royaume-Uni pour une agression sexuelle qui aurait été commise dans les années 1980.

Malgré ces deux enquêtes, aucune plainte n’a été déposée pour le moment. D’après l’avocat aux barreaux de Paris et New York, Arthur Dethomas, il est nécessaire qu’au moins une victime porte plainte afin qu’un procureur se saisisse de l’affaire et que le dossier soit porté devant la justice.

Une culpabilité difficile à prouver

De manière générale, plus les faits sont anciens et plus ils sont difficiles à prouver devant la juste, qu’il s’agisse de traces ADN ou de témoignages de victimes.

Cela peut mener à une enquête “parole contre parole” dont l’issue est bien souvent défavorable aux plaignants. Dans le cadre de Weinstein, au moins huit femmes ont dans le passé signé un accord financier avec le producteur pour acheter leur silence, ce qui rend leur témoignage inutilisable.

La tâche s’annonce difficile, mais s’il est reconnu coupable dans l’État de New York par exemple, Harvey Weinstein pourrait passer entre 5 et 25 ans derrière les barreaux.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo