Le 26 septembre dernier lors de son troisième discours depuis son élection, Emmanuel Macron s’est positionné en tant que nouveau leader de l’Europe, qu’il souhaite réformer.

Cette Europe telle qu’on la connaît est selon lui trop lente et trop faible. Le chef d’État met en avant l’idée d’une Europe à deux vitesse qui permettrait aux pays de changer sans qu’une minorité les en empêche.

Mais quelles sont précisément les ambitions du Président français ? Analyse.

Macron, un Président “europhile”


S’il a martelé son enthousiasme pro-européen durant la campagne présidentielle, Macron avait depuis donné peu de détails sur ses ambitions du côté de l’Europe.

Depuis la crise de la zone euro et le Brexit, les faiblesses du fonctionnement de l’Europe se sont révélées et ont réveillé des sentiments eurosceptique dans la plupart des pays de l’UE.

Entre ceux qui souhaitent approfondir l’intégration de l’Europe pour la relancer et ceux qui suggèrent de réparer ce qui ne va pas, Macron semble avoir choisi de faire un peu les deux.

Ses prédécesseurs “ne connaissaient rien à l’Europe”

D’après Emmanuel Macron, ses prédécesseurs François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac n’avaient aucune vision pour l’Europe.

Il estime ainsi avoir la hauteur de vue qui leur manquait sur la question européenne et déclare être dans les pas de Mitterrand qui selon lui voulait reconstruire l’Europe.

Mais ces propos sont à nuancer: si effectivement le rejet du traité constitutionnel de 2005 sous Chirac a diminué le pouvoir de la France dans l’UE, Nicolas Sarkozy a signé le traité de Lisbonne et François Hollande a participé au sauvetage de la zone euro lors de la crise grecque.

1. Création d’un budget pour la zone euro

Le premier projet de réforme de l’Europe de Macron serait la création d’un budget alloué exclusivement à la zone euro. Ce budget serait piloté par un ministre des Finances et contrôlé par un Parlement. Quelles seraient ses ressources ? Les taxes en provenant du secteur du numérique, du secteur environnementales et de l’impôt sur les sociétés.

2. Une convergence France-Allemagne accrue

Afin de renforcer la coopération entre la France et l’Allemagne, Macron souhaite que les deux pays signent un nouveau traité de l’Élysée le 22 janvier prochain afin d’avoir totalement intégré leurs marchés respectifs d’ici 2024. Cette idée pionnière implique selon lui que la France et l’Allemagne appliquent les mêmes règles à leurs entreprises.

3. Davantage de cohérence au niveau fiscal et social

Afin de mettre en place une Europe à deux vitesses, Macron préconise de lutter activement contre le dumping social qui sévit en Europe.

Pour cela il serait essentiel de faire marche arrière sur la directive «travailleurs détachés». L’impôt sur les sociétés serait harmonisé grâce à une fourchette de taux engageant l’ensemble des états membres.

4. La fin de l’évasion fiscale pour les “Gafa”

Selon Emmanuel Macron, l’économie du numérique a induit des désorganisations et inégalités en Europe. Ainsi une poignée de sociétés américaines dénommée GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) utilisent certains pays d’Europe comme des paradis fiscaux afin d’éviter toute taxation.

Macron souhaite taxer ces géants en se basant sur leur chiffre d’affaires réalisé les pays où ils vendent leurs produits et non sur les bénéfices transférés dans les États faiblement taxés tels que le Luxembourg et l’Irlande.

5. Construction d’une “Europe de la Défense”

Macron propose à chacun des pays membre de l’Union d’accueillir dans ses armées nationales des militaires en provenance de tous les pays européens.

Cela permettrait selon lui de renforcer l’efficacité des services de renseignement et de planification.

Ainsi durant la prochaine décennie l’Europe pourrait être dotée d’une force d’intervention commune puisant sans un budget de Défense commune.

Le chef d’État propose également la création d’une «académie européenne du renseignement» afin de lutter plus efficacement contre la menace terroriste.

6. L’harmonisation des diplômes

Emmanuel Macron souhaite que chaque étudiant parle au moins deux langues européennes d’ici à 2014. Pour cela, il préconise l’élargissement du système Erasmus aux lycées et une harmonisation des diplômes qui permettrait des échanges dans l’ensemble du système secondaire européen.

Pour fini, une vingtaine d’universités européennes seraient créées et délivreraient des diplômes reconnus dans l’ensemble de l’Europe.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo