La récente affaire Pénélope Fillon nous rappelle une pratique bien française, le népotisme. Dans le milieu politique français, les élus ont depuis toujours fait travailler leurs proches.

Les opinions s’en accommodent plus ou moins, tout dépend si compétence et travail sont au rendez-vous. Il s’agit d’un mal français, d’une politique qui pousse les élus à se servir avant de servir la nation.

Cette pratique ancienne est devenue un sport national, avec des copinages à tous les échelons des entreprises publiques. Elle s’accompagne bien souvent de dépenses abusives et de choix irraisonnés.

Le népotisme, qu’est-ce que c’est ?

French tired of nepotism

On parle de népotisme lorsqu’une personne use des privilèges liés à sa fonction dans le but de favoriser son entourage.

Cette pratique est devenue une sorte de spécialité nationale, et on observe aujourd’hui un copinage à tous les niveaux des institutions publiques françaises, qui s’accompagne souvent de dépenses abusives et de choix irréfléchis.

Bien évidemment, la crédibilité de nos dirigeants est grandement remise en question lorsqu’ils catapultent des personnes non méritantes à des postes à responsabilités.

C’est non seulement injuste, mais aussi très dangereux : la bonne gestion des organismes de l’État est vitale et doit être placée dans les mains de personnes compétentes.

Une pratique très fréquente sous Sarkozy

On peut citer la tentative de Nicolas Sarkozy qui en 2009 a tenté de faire nommer son fils aîné à la tête de l’EPAD. L’étudiant en droit n’avait alors ni la maturité, ni l’expérience, ni les compétences pour assumer un tel poste.

Cette affaire a bien évidemment défrayé la chronique, mais cela n’a pas arrêté l’ancien président qui est parvenu à faire accéder son fils au poste de vice-président du conseil général des hauts de seine en 2011.

Dans les faits, Nicolas Sarkozy ut en contradiction totale avec son discours prônant le travail et la méritocratie.

L’emploi fictif, exemple le plus courant de népotisme

En 2004, le premier ministre Alain Juppé et l’actuel directeur de campagne de Fillon Patrick Stefanini furent condamnés pour une affaire d’emplois fictifs qui aurait eu lieu au sein de la marie de Paris, sous Chirac.

En 2000, Dominique Strauss Kahn démissionne du Ministère des finances après l’accusation de son implication dans l’affaire d’une mutuelle étudiante.

Un peu plus tôt dans les années 1990, les média découvrirent que l’ancien président François Mitterrand avait logé au frais de l’État sa maitraisse et sa fille pendant presque quinze ans.

La récente affaire Penelope Fillon et le « Penelopegate » médiatique qui s’en est suivi n’a donc rien de nouveau et rappelle une pratique française déclinée de multiples manières au fil de la cinquième république.

 

«La pratique du népotisme est très fréquente, que ce soit au parlement, dans les collectivités locales ou dans les cabinets ministériels», Thomas Guénolé, politologue.

François Fillon, l’irréprochable fictif

Nepotism in France

Proclamé “Irréprochable” ou encore “Monsieur Propre”, François Fillon cultive depuis toujours une image de candidat immaculé. Mais les révélations du Canard Enchaîné l’ont fait tomber de son piédestal, et les propos de l’ancien Premier ministre font grincer des dents.

Il n’y a pas si longtemps, Fillon affirmait qu’il était nécessaire que “les dirigeants de notre pays soient irréprochables”. Il s’est souvent vanté d’avoir fait de la politique depuis trente ans sans jamais avoir été cité dans une affaire.

Voilà qui est chose faite. Le candidat aux élections présidentielles de 2017 est accusé d’avoir rémunéré son épouse Pénélope Fillon pour un emploi d’assistante parlementaire pendant presque dix ans. Le hic, c’est que cet emploi serait fictif.

Face au « Penelopegate » Fillon se défend en assurant que sa femme a bien travaillé, et que l’histoire ne serait qu’un coup monté créé de toutes pièces par la gauche au pouvoir.

 

Les français demandent des sanctions

Une étude réalisée par la Fondation Jean Jaurès en 2016 montre que 78 % des personnes interrogées réclament un « contrôle des élus » et une interdiction du cumul des mandats. D’un autre côté, 75 % d’entre eux souhaitent la mise en place de référendums permettant de contrôler l’action des représentants. En bref, l’image des politiciens est très mauvaise.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo