Dimanche 31 décembre dernier, Emmanuel Macron a présenté comme il se doit ses voeux aux français pour la nouvelle année. Alors que depuis plusieurs semaines les rumeurs couraient quant à un renouvellement de cette apparition ultra codifiée, le chef d’État a finalement livré un discours des plus classiques.

Depuis son bureau de l’Élysée, il s’est exprimé pendant 17 minutes pour aborder les thèmes du social, du travail, sans oublier de vanter la grandeur de l’État français. Alors qu’on le surnomme le “Président des riches”, Emmanuel Macron a souhaité rompre avec cette image en consacrant le début de son discours à la question sociale : il s’est adressé aux résidents des territoires ruraux, des quartiers populaires et des agriculteurs.

Un discours de 18 minutes

Tout comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron s’est plié à l’exercice des voeux aux français de manière classique et ce malgré le suspense entretenu par l’Élysée. Ce fut le plus long discours de voeux présidentiels depuis Charles de Gaulle en 1962.

Emmanuel Macron l’a préparé lui-même et l’a réalisé en direct, contrairement à Sarkozy et Hollande qui utilisaient un différé. Le discours du Président fut très classique dans la mise en scène, ainsi que dans les mots : il a mis l’accent sur le social, le travail et salué la grandeur de la France.

Pas de grande annonce

Dans le discours de 18 minutes de Macron, aucune grande annonce inédite ou bouleversement n’a été à signaler. Les français ont assisté à des voeux présidentiels classiques et présentant la volonté de poursuivre dans la même lignée en 2018.

Après sont interview du 14 juillet et celle critiquée avec le journaliste Laurent Delahousse, il semble que Macron en ait terminé avec les audaces, quitte à laisser sur leur faim les français attendant des annonces surprise.

Macron tente de corriger son image

Soucieux de réaffirmer son identité politique, il a profité de ces premiers voeux pour travailler son image. Il a tout d’abord insisté sur les valeurs de “fraternité”, de “cohésion nationale”, pour ensuite citer les « territoires ruraux »et « quartiers populaires » pour montrer qu’il s’intéressait à tous les français.

En recommandant aux français de s’interroger sur “ce qu’ils peuvent faire pour leur pays”, Macron s’adresse à ses concitoyens, tout comme l’avait fait John Fitzgerald Kennedy à son époque.

Défense du bilan gouvernemental

Le chef d’État a cité la loi travail ainsi que le mesures prises dans l’éducation, pour rappeler avoir été élu “pour agir”. Le volontarisme de Macron a toujours été son point fort face à l’opinion publique et il l’a bien compris.

Alors que de nombreuses réformes seront mises en place dans les prochains mois, il affirme “continuer à faire ce pour quoi il a été élu”. Comme pour s’adresser directement à ses opposants, il déclare « Toujours j’écouterai, j’expliquerai, je respecterai, mais toujours à la fin je ferai. C’est ce que vous attendez de moi”.

Audience de 11,2 millions de téléspectateurs pour TF1

A en croire Pure Médias, 11,2 millions de téléspectateurs ont regardé le chef d’État prononcer son discours le 31 décembre. 4,1 millions d’entre eux l’ont regardé sur TF1, 4 millions sur France 2, 1,8 million sur France 3, 997 000 sur M6 et 2 000 sur France Ô.

Emmanuel Macron a fait mieux que son prédécesseur François Hollande en 2015, avec 10,1 millions de téléspectateurs.

Les 5 défis d’Emmanuel Macron pour 2018

  • Faire baisser le chômage et réformer l’assurance-chômage : alors que les dernier chiffres du chômage sont encourageants, le chômage de longue durée a augmenté. Macron a déclaré attendre des résultats significatifs pour le chômage, 18 à 24 mois après la réforme du code du travail.
  • Repenser la formation professionnelle : jugée trop complexe, la formation professionnelle sera réformée en 2018, avec pour principale mesure l’amplification de la logique d’individualisation des droits.
  • Ne pas fracturer la majorité sur l’immigration : c’est le sujet le plus sensible de 2018, qui pourrait même diviser au sein même du LREM. On attend une plus grande fermeté du côté de l’immigration.
  • Réformer l’Europe : Emmanuel Macron devra compter sur les négociations entre Angela Merkel et sa coalition gouvernementale avant d’envisager la mise en place de son “budget pour la zone euro”.
  • Mener à bien la réforme des institutions : limitation du nombre de parlementaires et du nombre de mandats sont au programme, sous réserve d’obtenir l’accord de la majorité au Parlement.
A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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