Le débat sur le nucléaire iranien a repris, mais cette fois sans les États-Unis. La Chine, l’Europe et la Russie ont décidé d’autoriser l’Iran à exporter son pétrole, résistant ainsi à la décision américaine de rétablir les sanctions.

C’est en tout cas ce qui ressort de la réunion de Vienne, où les Ministres des Affaires étrangères de cinq pays signataires du pacte de 2015 sur le nucléaire iranien se sont retrouvés en début de mois pour tenter de sauver l’accord.

Accord nucléaire iranien : objectifs de Londres, Paris et Berlin
  • Soutien aux exportations de pétrole iranien
  • Préservation et maintien de canaux financiers efficaces avec l’Iran
  • Poursuite des communications maritimes, terrestres, aériennes et ferroviaires
  • Promotion de la couverture du crédit à l’exportation
  • Soutien clair et efficace aux opérateurs économiques qui commercent avec l’Iran
  • Encouragement de nouveaux investissements en Iran
  • Protection des opérateurs économiques pour leurs investissements et autres activités financières en Iran

Réunion à Vienne pour sauver l’accord

La France, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie et l’Allemagne ont réuni leurs Ministres des Affaires étrangères à Vienne afin de discuter de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

Selon le communiqué commun, la réunion s’est déroulée “dans une atmosphère constructive et de confiance” et a abouti à la publication d’une liste de onze objectifs dont les but est officiellement de “fournir des solutions pratiques afin de maintenir la normalisation des relations commerciales et économiques avec l’Iran”.

Londres, Paris et Berlin se sont engagées à prendre des mesures pour résister aux États-Unis et respecter l’accord de Vienne, afin que l’Iran puisse continuer à exporter son pétrole et son gaz. L’accord signé en 2015 avait été dénoncé par l’administration Trump en mai 2018 qui avait rétabli les sanctions contre le pays. Suite à cela, Téhéran avait demandé aux membres restants de compenser les effets de ces sanctions.

Aucune avancée concrète

Malgré trois heures de discussion, aucune avancée concrète n’a été constatée et les six pays ont convenu de poursuivre les négociations. Certes, 11 objectifs ont été fixés pour sauver l’accord de Vienne, mais aucun moyen concret n’a été déterminé pour relever ce défi.

Selon le Président iranien Hassan Rohani, les mesures proposées par les européens seraient insuffisantes. Ce fut le première réunion de ce genre depuis le retrait américain. Lors de ce retrait, les États-Unis avaient menacé de pénaliser les pays continuant à importer le pétrole iranien après le 4 novembre 2018.

Alors que les sanctions à l’encontre de l’Iran seront mises en oeuvre dès le mois d’août par les États-Unis, le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré que les mesures économiques visant à permettre les exportations ne pourraient être mises en places qu’à partir de novembre.

Il a ajouté que pour parvenir à ce montage financier, l’Iran “devait cesser cette menace permanente de rompre ses engagements”.

L’Iran menace de bloquer les exportations

Dans le cas où Washington met sa menace à exécution et impose des pénalités financières aux pays qui continuent à importer son pétrole, Téhéran pourrait bloquer le détroit d’Ormuz. Cela aura pour résultat de bloquer le trafic pétrolier de l’ensemble des pays voisins à l’Iran, 30% des exportations mondiales de pétrole transitant par cette voie maritime.

Alors que les pressions pour isoler Téhéran du marché pétrolier s’intensifient, les prix du brut montent et le baril a atteint $79.00 début juin. Pour stabiliser les prix, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a annoncé une hausse modérée de la production.

Le comportement de Donald Trump n’arrange rien : à coup de tweets ravageurs, le Président américain accuse l’OPEP de maintenir les prix du pétrole “artificiellement élevés”. Du côté de Téhéran, le Ministre du Pétrole iranien Bijan Namdar Zanganeh accuse Trump de déstabiliser le marché” avec ses “remarques” et “messages” sur les réseaux sociaux.

Selon lui, le prix du baril dépend aujourd’hui du comportement de Donald Trump qui tour à tour ordonne à l’OPEP d’augmenter sa production et fait des accusations jugées insultantes par les pays du Golfe.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo