Dans un tweet publié jeudi, le president des Etats-Unis a fait part de ses inquiétudes concernant le peu d’impôts acquittés aux Etats-Unis par le groupe du milliardaire Jeff Bezos. Celui-ci est venu confirmer un article paru la veille dans la presse américaine, selon lequel “Trump déteste Amazon, pas Facebook”.

Le tweet qui met le feu aux poudres

Le torchon brûle entre le président des Etats-Unis et l’homme le plus riche du monde. Le tweet publié cette semaine par Donald Trump ne laisse aucun doute quant au regard qu’il porte sur le groupe de distribution Amazon et sur son patron Jeff Bezos. “J’ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l’élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes aux Etats-Unis) en provoquant la fermeture de milliers de commerces !” a-t-il écrit jeudi matin dans le style qui lui et propre.

Loi antitrust

Ce tacle virulent du président des USA est venu confirmer une information publiée la veille par le site d’information Axios. Celui-ci annonçait que Donald Trump était littéralement “obsédé” par Amazon et qu’il souhaitait revoir le traitement fiscal auquel le groupe est soumis. Selon le site, le résident de la Maison blanche n’a pas l’intention de prendre de mesures particulières contre Facebook suite au scandale Cambridge Analytica, mais souhaite en revanche s’attaquer au groupe de Jeff Bezos. “Si le Capitole veut la peau de Facebook, le président Trump n’en a rien à faire”, écrit Axios, affirmant détenir cinq sources concordantes. “Il veut s’attaquer à un autre géant technologique Amazon.” Le site ajoute que Trump “s’est demandé à voix haute s’il y avait un moyen d’attaquer Amazon avec la loi antitrust sur la concurrence.”

Montagnes russes en Bourse

Suite à la publication de cet article, l’action Amazon a plongé de 4,38% dans la journée, effaçant plus de 30 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le titre a ensuite continué sa chute jeudi matin suite au tweet de Donald Trump avant de rebondir suite aux déclarations d’un porte-parole de la Maison Blanche. Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, a en effet calmé le jeu en affirmant que Washington n’avait “aucun projet en cours” concernant le groupe.

Une inimitié de longue date

Ces affirmations seront-elles suffisantes pour apaiser les marchés à long terme ? Pas sûr, dans la mesure où c’est loin d’être la première fois que Donald Trump s’en prend publiqement à Amazon et à la personne de Jeff Bezos. “Amazon cause beaucoup de tort aux petits commerçants qui, eux, paient des impôts”, dénonçait déjà le président l’été dernier. De son côté, le patron d’Amazon, sans se prononcer officiellement, semblait plutôt pencher en faveur de Hillary Clinton dans ses prises de paroles publiques lors de la campagne présidentielle de 2016… ce qui pourrait expliquer l’inimitié que lui voue Donald Trump.

Reste à savoir comment la situation évoluera dans les semaines à venir, et si les propos du président donneront lieu à une évolution de la politique fiscale des Etats-Unis.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux observateurs s’amusent de l’attaque de Donald Trump sur le plan fiscal en rappelant qu’il avait déclaré, en évoquant son propre patrimoine, que le fait qu’il ne payait pas d’impôts lui-même “faisait de lui quelqu’un d’intelligent”…

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo