Avec plus de 76,7% des voix, son score le plus élevé en 18 ans, Vladimir Poutine vient de se faire réélire à la tête de la Russie. Du côté de l’Europe, cette victoire écrasante est ternie par un taux de participation en baisse, des accusations de fraude et un scandale d’empoisonnement au Royaume-Uni.

Mais pour les russes, Vladimir Poutine reste l’homme fort du pays, celui qui a replacé la Russie sur la scène internationale. A 65 ans, Vladimir Poutine est à la tête de la Russie depuis 18 ans. Au terme de son mandat en 2024, il aura 72 ans.

Poutine au pouvoir depuis 18 ans

Selon le dernier comptage de la Commission Electorale Centrale, Vladimir Poutine l’emporte avec 76,66 % des suffrages, soit 56,2 millions de voix. C’est 10 millions de plus qu’en 2012. Il a devancé l’ensemble des autres candidats dès le premier tour et ne leur a laissé aucune chance.

Le candidat du Parti communiste Pavel Groudinin est arrivé deuxième avec 11,8 % des voix, suivi du candidat ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski avec 5,66 % des voix et la candidate libérale Ksenia Sobtchak avec 1,67 % des voix. Le candidate démocrate Grigori Iavlinski n’a quant à lui obtenu que 1,04 % des voix.

Un taux de participation de seulement 67,4%

L’opposition n’a pas manqué de souligner le faible taux de participation du scrutin, ainsi que les irrégularités qui l’entourent. Alexeï Navalny , opposant au Kremlin mis à l’écart des élections, a envoyé des milliers d’observateurs dans les bureaux de votes et diffusé des vidéos montrant des bourrages d’urnes.

L’ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a établi une carte des fraudes sur son site internet pour montrer les 2033 cas d’irrégularités : au programme bourrage d’urnes, votes multiples ou encore entrave au travail des observateurs.

Le Kremlin aurait tout fait pour que le seul baromètre de l’élection, à savoir le taux de participation, soit le plus élevé possible dimanche. Des campagnes massives d’information et d’incitation au vote auraient été mises en place pour pousser les fonctionnaires et les étudiants à aller voter.

Selon l’opposition, des électeurs auraient même été amenés dans les bureaux de vote en autobus, forcés par leurs employeurs.

La fraude électorale omniprésente en Russie

Les élections organisées en Russie font débat depuis des dizaines d’années. Selon l’ONG Golos, la technique de fraude la plus répandue est celle du “carrousel”: il s’agit de transporter des électeurs en autocars, pour ensuite les faire voter à plusieurs reprises. En échange de paiement, un électeur atteste par écrit dans plusieurs documents similaires qu’il est incapable de se rendre dans le bureau de vote. Ainsi les personnes concernées sont transportées pour passer dans plusieurs bureaux de vote.

Le bourrage des urnes est également une méthode de fraude très répandue. Il n’est pas rare que dès leur ouverture, les urnes des bureaux de votes contiennent déjà plusieurs centaines de bulletins. Selon l’ONG Golos qui a réalisé des enregistrements vidéos dans les salles de vote, ce sont les fonctionnaires chargés des élections et le électeurs eux-mêmes qui procèdent à cette opération.

L’encre effaçable serait également très répandue, permettant de remplir une deuxième fois les bulletins. Afin de lutter contre ces fraudes, l’ONG Golos a mise en ligne sur son site une “Carte des Fraudes” permettant de répertorier les cas de fraudes à travers le pays.

Pour faire taire les rumeurs, Vladimir Poutine avait fait installer des caméras de surveillance dans tous les bureaux de vote en 2012. Mais selon Golos, cette démarche est totalement inefficace. En effet, il serait impossible de filmer les étapes les plus sensibles du processus, à savoir le décompte des résultats, leur stockage ou encore l’accès à ces données.

Le 5 février dernier, une mission d’observation de l’OSCE a débuté en Russie pour contrôler les élections. Ainsi, des observateurs ont été déployés dans le pays pour surveiller les bureaux de vote et le dépouillement des résultats.

Vladimir Poutine en 7 dates clés

7 octobre 1952 : naissance dans un village près de Léningrad, ex-Saint-Pétersbourg.
1998 : Poutine est nommé à la tête du FSB, ex-KGB.
2000 : Il devient Président de la Russie pour la première fois.
2004 : Réélection pour la deuxième fois.
2008 : Poutine devient Premier Ministre de la Russie, ne pouvant pas exercer plus de deux mandats consécutifs en tant que Président.
2012 : Poutine redevient Président pour un mandat de six ans.
2018 : Quatrième mandat de Poutine, Président jusqu’en 2024.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo