Nouveau chapitre dans l’affaire Wikileaks : Julian Assange emprisonné risque bien d’être extradé aux Etats-Unis. Selon ses avocats, l’extradition est injustifiée, mais Washington compte mettre le cyber-militant derrière les barreaux.

Après avoir révélé des secrets défense de l’armée américaine en 2012, Julian Assange avait trouvé refuge à l’ambassade d’Equateur à Londres où il y est resté reclus durant six ans.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Lenín Moreno, Quito a modifié sa politique et décidé d’expulser Julian Assange pour cause de comportement perturbant, lui reprochant d’avoir voulu créer un “centre d’espionnage” au sein même de l’ambassade. 

Une arrestation musclée

Confiné dans l’immeuble de l’ambassade équatorienne, située dans le quartier cossu de Knightsbridge à Londres, Julian Assange a été arrêté et emmené à la prison de Belmarsh sous l’oeil des caméras, le 11 avril dernier.

Alors que les médias s’étaient habitués à son apparition sur le balcon de l’ambassade chaque jeudi, l’arrestation musclée du 11 avril a défrayé la chronique.

Le teint blafard et affaibli, le fondateur de Wikileaks avait vraisemblablement perdu de sa superbe, loin de son insolence médiatisée quelques années auparavant.

Rapport Mueller : une coïncidence ?

Traîné de force par des policiers, l’ancien hacker australien a fait passer un message à ses admirateurs par le biais de son avocate, Jennifer Robinson. “Tout ce qu’il voulait vous dire c’est ‘I told you so’ – Je vous l’avais dit”, a déclaré son avocate.

Pour beaucoup, cette annonce coïncide avec la publication du rapport Mueller aux Etats-Unis le 19 avril dernier. Robert Mueller, ancien directeur du FBI, avait mené une investigation sur les soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016.

Dans une nouvelle section du rapport Mueller, on y apprend un détail macabre sur la responsabilité de Julian Assange lors de la conférence des Démocrates et des emails d’Hillary Clinton.

Selon Robert Mueller, Julian Assange aurait utilisé la mort de Seth Rich, un employé auprès d’Hillary Clinton et aurait condamné à tort ce dernier de complicité.

La famille de Rich ayant toujours réfuté qu’il puisse être impliqué avec Wikileaks, cette fausse accusation ne fait qu’empirer la situation pour Julian Assange.

En fin de semaine, les Etats-Unis ont exigé l’extradition d’Assange aux Etats-Unis. Alors que son avocate utilise son statut d’auto-proclamé journaliste, il pourrait encourir un an de prison en Grande-Bretagne, où il résidait depuis 2012.

Mais aux Etats-Unis, Assange, accusé d’avoir partagé des secrets d’état, pourrait être passible d’une peine bien plus lourde. Alors que son avocate a déclaré qu’il contesterait son extradition, le fondateur de Wikileaks pourrait passer le restant de ces jours derrière les barreaux.

Une pétition pour “sauver” Assange

Si l’avenir semble très incertain pour le pirate informatique australien, de nombreux philosophes se mobilisent et critiquent cette nouvelle arrestation.

Pour le philosophe Slavoj Zizek, Julian Assange est une victime. “Assange nous a appris à aimer la liberté ternie de l’Occident. C’est à notre tour de l’aider”, a t-il déclaré en anglais au journal The Independent.

Il a également ajouté que Julian Assange était paranoïaque, à juste titre, puisque Mueller “veut sa peau et que son appartement au sein de l’ambassade était sur écoute”.

Une pétition circule actuellement sur internet afin d’empêcher l’extradition de Julian Assange. “Mueller veut en faire sa priorité. C’est tout de même l’ancien patron du FBI… Nous serions tous inquiets et parano si nous étions Julian”, a conclu le philosophe.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo