Après une année 2017 sur les chapeaux de roues, la croissance du PIB français est en berne en 2018 selon l’Insee, avec seulement +0,2% au premier trimestre et +1,7 % au second semestre. Bercy, qui misait sur une croissance de 2% sur l’année, estime désormais que la hausse du PIB atteindra seulement 1,7%.

La baisse de la consommation et la grève de la SNCF seraient directement responsables de ce “trou d’air” qui force le gouvernement à ajuster ses ambitions. Il lui sera désormais difficile de tenir les promesses budgétaires envoyées à Bruxelles dans le projet de loi de finances.

L’effet Macron serait-il en train de s’essouffler ? Où en sont les plans de réformes supposés relancer l’économie ? Analyse.

La croissance française ralentit en 2018

La croissance du PIB met Bercy dans l’embarras

+1,7 % de croissance prévus au second semestre (S2)

A en croire le rapport de l’Insee publié le 30 mai, la croissance du PIB français ralentit en 2018 et devrait s’établir à 1,7 % au second semestre. Alors que l’année 2017 a été un bon cru pour la France avec des croissances trimestrielles successives de 0,7%, des facteurs ponctuels et globaux expliquent ce ralentissement en 2018 : grèves dans les transports, consommation des ménages atone, hausse des prix du pétrole, tensions protectionnistes et appréciation de l’euro.

Selon les précédents chiffres de l’Insee, le PIB a progressé de 0,2% au premier trimestre, de 0,2% au second et devait augmenter de de 0,4% aux troisième et quatrième trimestres. L’institut prévoyait également un ralentissement de l’investissement annuel des entreprises à +3,1%, contre +4,4% en 2017. L’investissement des ménages devrait également ralentir à 1,6%, contre +5,6% en 2017.

Pour en savoir plus: La Banque de France abaisse ses prévisions de croissance en 2018

+0,2% de croissance obervés au second trimestre (T2)

Le 29 août, l’Insee a annoncé une croissance de 0,2% au second trimestre de l’année. En accord avec les premières évaluations publiées en juillet, ce chiffre médiocre serait attribuable à une légère baisse de la consommation des ménages.

Après avoir augmenté de 0,2% lors du premier trimestre, la croissance française s’est rétractée de 0,1% au second trimestre. La consommation en biens a reculé de 0,3%, celle de services a plafonné à 0,1%, et une baisse de 2,7% a été observée dans les transports, notamment en raison de la grève de la SNCF.

D’un autre côté, l’augmentation de 1% des importations (+1%) n’a été que partiellement compensée par celle des exportations (+0,2%). Résultat, la balance commerciale a impacté le PIB de manière négative, de l’ordre de 0,3 point. Seule bonne nouvelle, l’investissement des entreprises a accéléré de +1,3% après +0,1% au premier trimestre.

Pour en savoir plus : SNCF: Une grève à 100 millions

Bercy contraint de revoir ses plans

Dans le cadre de son projet de loi de finances qui avait été voté en décembre dernier, le gouvernement avait prévu une croissance à 1,7% en 2018. L’estimation avait été portée à 2% dans le cadre du programme “PSTAB” envoyé à la Commission Européenne en avril, ce document étant alors considéré comme la dernière anticipation officielle de Bercy.

Mais cet objectif a été abandonné depuis l’annonce par l’Insee d’une croissance à 0,2% au second trimestre de l’année. Jusqu’ici, le gouvernement prévoyait une croissance du PIB de de 1,9% en 2019, ainsi qu’un déficit stable à 2,3% du PIB, contre 2,6% en 2017. Afin d’éviter que les dépenses publiques deviennent hors de contrôle, des coupes budgétaires seront faites sur les aides sociales et les suppressions de postes dans la fonction publique.

L’effet “Coupe du Monde” n’a pas été observé

D’après l’économiste du sport Christophe Lepetit, la consommation des ménages est un accélérateur pour la croissance après une victoire en Coupe du Monde. Cependant, cet effet serait éphémère.

En bref, il ne faut pas s’attendre à un miracle, cette consommation supplémentaire étant uniquement “un jeu de vases communicants”: le pouvoir d’achat des français n’augmente pas, et ce qu’ils consomment aujourd’hui, ils ne le consommeront pas plus tard. Il n’y a donc pas d’effet à attendre sur la croissance après la victoire des bleus en juillet dernier.

Certains diront qu’après la victoire des Bleus lors de la Coupe du Monde de 1998 la croissance était repartie à la hausse. Pour rappel, après une croissance annuelle de 1,4% par de 1991 à 1997, le PIB français avait bondi de 3,6% en 1998, puis de 3,3% en 1999 et enfin de 4,1% en 2000.

Mais ce phénomène observé il y a 20 ans était uniquement dû à un contexte mondial très favorable. L’économie française n’a pas repris grâce à la Coupe du Monde, mais grâce au développement d’internet, à la chute des prix du pétrole et à une croissance mondiale de 4,7% en 2000.

Pour en savoir plus : Coupe du Monde 2018: peu d’effet sur la croissance

La France fait toujours mieux que ses voisins européens

Selon les économistes du cabinet Berenberg, le marché boursier français serait sur le point d’entamer une décennie de croissance fulgurante. Ils parlent même de “décennie en or”. Alors que l’économie européenne est en plein doute, que plusieurs pays font face à des changements géopolitiques rapides, la France apparaît comme une valeur refuge pour les investisseurs.

Le Royaume-Uni continue de gérer tant bien que mal sa sortie de l’Union Européenne, la dette italienne inquiète les marchés et l’Allemagne doit gérer ses propres dysfonctionnements politiques. Comparée à ces pays, la France représente la stabilité, une caractéristique qui pourrait lui permettre de se démarquer de ses voisins durant les prochaines années.

D’après le chef économiste à Berenberg Holger Schmieding, l’Allemagne vient de terminer sa décennie en or, et c’est maintenant au tour de la France. Il cite l’élection surprise d’Emmanuel Macron comme principal catalyseur de cet optimisme. Selon lui, les réformes entamées par Macron sur le marché du travail constituent des bases solides pour une accélération de la croissance du pays. Il ajoute que Paris pourrait très certainement devenir un centre d’affaires central en Europe, et voler la vedette à Londres qui subit de plein fouet les effets du Brexit.

D’après le cabinet d’études FactSet, la croissance économique de la zone euro devrait atteindre 2,2% cette année, et ralentir à 1,9% in 2019. Vincent Deluard, stratégiste macro-économique pour INTL FCStone, a quant à lui déclaré que la France était “le meilleur pays du monde”.

Selon le rapport publié en début de mois, la position de la France par rapport à ses voisins européens est privilégiée : sa démographie est beaucoup plus forte que celle de l’Allemagne ou de l’Italie, tandis que son écosystème politique s’est beaucoup mieux ajusté aux mouvements idéologiques que la Grande-Bretagne. Il ajoute que le marché boursier français a un ratio cours/bénéfices de 15, 1, au dessus de l’indice MSCI Europe à 14,6.

Les investissements étrangers sont au plus haut

Hausse de 16% des investissements depuis 2016

De 2015 à 2016, la France a enregistré 1298 décisions d’investissement étrangers de 54 pays différents, ce qui représente une hausse de 16%, et du jamais vu depuis 10 ans. En dépit de la baisse de la part de l’industrie dans le PIB du pays, le tissu industriel français reste très attractif pour les investisseurs étrangers. Ainsi les investissements étrangers dans les activités de production ont progressé de 23 % en 2017. 16 213 emplois ont été maintenus ou créés sur le territoire grâce à ces projets.

Alors que 51 pays différents sont des investisseurs étrangers créateurs d’emploi en France, 62% sont en Europe. L’Amérique du Nord représente quant à elle 20% des emplois créés, et l’Asie 12%. En termes de nombre de projets, les principaux investisseurs en France sont l’Allemagne (17 %), les États-Unis (16 %), l’Italie (13 %), la Grande-Bretagne (8 %) et le Japon (6 %).

Pour en savoir plus : France : les investissements étrangers atteignent des sommets

Si l’effet Macron à Versailles et Davos a sans doute joué dans cette progression, le phénomène serait plus profond et aurait plusieurs explications : tout d’abord la France bénéficie d’une reprise généralisée de la croissance au niveau mondial. De plus, les dirigeants d’entreprises internationales implantées en France ont souligné la qualité des infrastructures de transport et de logistique (87%), la taille du marché intérieur (84%) ainsi que le tissu industriel (84%).

Après l’élection du jeune Président Macron, le traitement médiatique favorable a permis de véhiculer l’image d’une France dynamique, déterminée et capable d’évoluer. C’est d’ailleurs les réformes sur la fiscalité des entreprises et le marché du travail qui donnent l’espoir d’un pays tourné vers la croissance. Huit dirigeants sur dix considèrent d’ailleurs que ces mesures ont eu un impact positif direct sur l’attractivité de l’hexagone.

Investissements Américains

Malgré le protectionnisme de Trump, les États-Unis retrouvent leur place de premier pays investisseur et pourvoyeur d’emplois en France : le nombre de projets a augmenté de 26% depuis 2016. Ils sont à présent à l’origine de 8 % de l’ensemble des investissements étrangers en France et de 21 % des emplois associés.

C’est le secteur de la recherche et développement qui attire particulièrement les américains, qui sont à l’origine de 25% des investissements réalisés dans les centres de recherche français. Ils se distinguent grâce à la présence d’entreprises de la technologie telles que Google, Facebook et IBM. Ce dernier a par exemple créé un centre de recherche et développement européen sur la cyber-sécurité à Lille.

Investissements Européens

En France, 58 % des investissements étrangers créateurs d’emplois proviennent de l’Europe. L’Allemagne reste le premier investisseur étranger de la France dans le domaine de l’industrie : ses 56 projets dans ce secteur sont à l’origine de 16 % des investissements de production et de 20 % des emplois induits.

Investissements asiatiques

L’Asie quant à elle représente 13% des investissements étrangers en France. On peut citer le coréen Naver qui a racheté le centre de recherche de Xerox dans l’Isère dans le but d’y installer son premier centre de recherche et développement européen. Il a également implanté une de ses filiales à la Station F parisienne où 35 de ses employés seront basés.

Le japonais Fujitsu a également implanté un centre d’excellence en intelligence artificielle en Ile-de-France. Pour finir, Toyota a annoncé un investissement de 400 millions dans une usine située près de Valenciennes. À noter que le Japon est le premier investisseur asiatique en France et le 5ème parmi l’ensemble des investisseurs étrangers.

Bilan des réformes de Macron

Macron est passé à l’offensive sur le plan économique. (shutterstock.com)
Macron est passé à l’offensive sur le plan économique. (shutterstock.com)

Réformes passées : Code du Travail, Fiscalité

Dès la première année de son quinquennat, Emmanuel Macron avait déjà mis en oeuvre un vaste programme de réformes économiques et sociales avec deux grands objectifs : l’allègement de la fiscalité des entreprises et la libéralisation du marché du travail. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Macron est passé à l’offensive sur le plan économique.

Code du Travail

Annoncée dès la campagne présidentielle, la réforme du Code du travail fut le premier gros chantier social du mandat de Macron. Véritable révolution pour le marché du travail français, elle vise principalement à donner davantage de flexibilité aux entreprises pour stimuler l’emploi et les PME. Après le Conseil des Ministres du 22 septembre 2017, Emmanuel Macron a signé les ordonnances parues au Journal officiel du 23 septembre. Au 1er janvier 2018, l’intégralité de la réforme était effective.

Pour en savoir plus : Le gouvernement Macron présente la réforme sur le Code du Travail

Éléments actés dans la réforme du Code du Travail :

  • Des indemnités prud’hommes encadrées
  • Un formulaire-type pour licencier est créé
  • Les difficultés économiques appréciées au niveau national
  • Les ruptures conventionnelles collectives instaurées
  • La primauté de l’accord d’entreprise consacrée
  • La signature d’accord sans syndicat permise
  • Le CDI de chantier étendu
  • L’accord de compétitivité simplifié
  • La fusion des IRP imposée
  • Le télétravail encouragé

Fiscalité

Alors que les réformes fiscales devaient à l’origine être repoussées à 2019, Emmanuel Macron a finalement décidé de les mettre en place dès 2018. Le gouvernement Philippe a proposé des mesures très contestées, bien que très favorables aux entrepreneurs. On peut citer la flat tax de 30% sur les revenus de capital, la suppression de l’ISF et création de l’IFI, ou encore hausse de la CSG. D’après l’exécutif, l’ensemble de ces mesures devrait apporter 1,6 point de PIB d’ici à 2025 et la création de 440 000 emplois.

Pour en savoir plus : Réforme Macron : l’IFI remplacera l’ISF dès 2018

Principales réformes fiscales :

  • Suppression de l’impôt sur la fortune (ISF)
  • Mise en place de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI)
  • Instauration de la flat tax à 30% sur les revenus du capital
  • Hausse de la CSG
  • Baisse de l’impôt sur les sociétés de 33% à 25% d’ici à 2022

Réformes en cours : Formation professionnelle, SNCF

Formation professionnelle

Le Ministère du Travail est parti de trois constats : 1 métier sur 2 sera amené à changer dans les 10 prochaines années, les entreprises ne trouvent pas assez de compétences pour se développer, et les employés non cadres ont deux fois moins d’accès à la formation que les cadres.

Pour remédier à cela, la Ministre du Travail Muriel Pénicaud a présenté le 5 mars 2018 une réforme de la formation professionnelle en 12 mesures clés. La réforme sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage complètent la réforme du droit du travail présentée en septembre 2017.

Voici les trois axes de cette réforme :

  • Investir dans la formation et les compétences afin d’arrêter de subir les changements de l’économie de la connaissance
  • Donner à chaque employé la liberté de choisir son avenir professionnel et de construire son parcours
  • Protéger les employés les plus vulnérables et vaincre le chômage de masse

Principales réformes de la formation professionnelle, de l’assurance chômage et de l’apprentissage :

  • Compte personnel de formation (CPF) en euros et non plus en heures
  • Formations accessibles via une application
  • Fin des Opca
  • Création de l’agence “France compétences”
  • Modification du Conseil en Evolution Professionnelle (CEP)
  • Formation dans les entreprises de moins de 50 salariés
Réforme de la SNCF

Le projet de loi “pour un nouveau pacte ferroviaire” voté à l’Assemblée nationale le mardi 17 avril dernier a pour but de transformer la SNCF en société anonyme, de l’ouvrir à la concurrence européenne et de supprimer l’embauche au statut. Ainsi au 1er janvier 2020, la SNCF deviendra une “société nationale à capitaux publics” avec un capital “intégralement détenu par l’État”.

La SNCF est actuellement composée de trois entités : SNCF (direction), SNCF Mobilités (trains) et SNCF Réseau (rails). Avec la nouvelle loi, la société nationale SNCF détiendra le capital de SNCF Mobilités et SNCF Réseau.

Le tout constituera un groupe public unifié. Afin de permettre ces nouveaux statuts, l’État français reprendra 35 milliards de dettes de la SNCF d’ici à 2022. Pour rappel, cette dette attribuée à la construction des lignes TGV est évaluée à 46,6 milliards en 2017 devrait atteindre les 62 milliards en 2026.

Pour en savpor plus : Réforme de la SNCF : le dossier brûlant d’Emmanuel Macron

Voici les trois actes de cette réforme :
– suppression du statut de cheminot pour les nouveaux entrants (il sera maintenu pour les contrats existants).
– la SNCF changera de statut pour devenir une société anonyme à capitaux publics
– les trains régionaux (TER, Intercités, Corail) seront ouverts à la concurrence dès 2019, tandis que les lignes TGV le seront fin 2020.

Réformes à venir : Fonction publique, Santé, Retraites

  • Disparition de la taxe d’habitation pour 80% des ménages français d’ici 2020.
  • Suppression de l’Exit Tax” pour les contribuables partant vivre à l’étranger.
  • Revalorisation de l’allocation adulte handicapé qui passera à 900 en novembre 2019.
  • Réforme de la Justice : le projet de loi porté par Nicole Belloubet a pour objectif de simplifier l’ensemble des procédures pénales et civiles et l’organisation territoriale, et d’améliorer l’efficacité des peines.
  • Réforme de la fonction publique : comme annoncé par Édouard Philippe en février dernier, la fonction publique va connaître une série de mesures qui seront présentées au début de l’année 2019. On peut citer la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, l’instauration d’une rémunération au mérite, un recrutement des agents sous contrat, ainsi que la mise en place d’un plan de départs volontaires.
  • Réforme des retraites : il s’agit sans doute de la réforme la plus difficile du mandat Macron. Le Président n’a jamais caché son désir de transformer le système de retraites, et ce avec un principe simple : un euro cotisé donnera les mêmes droits à chaque cotisant. En contrepartie, 37 régimes de retraite existants seront fusionnés en un seul et les régimes spéciaux disparaîtront. Ainsi les retraites des fonctionnaires seront alignées avec celles du privé.
  • Réforme du système de santé: la Ministre de la Santé Agnès Buzyn annoncera la réforme à l’automne son projet de “refonte en profondeur du système de santé”. Au programme, mieux prendre en compte la qualité des soins, corriger les dérives de la tarification à l’activité (T2A), regroupement d’hôpitaux et suppression du “numerus clausus” pour les universités de médecine.

Le FMI incite Emmanuel Macron à poursuivre ses réformes

Dans son rapport annuel sur l’économie française publié le 4 juin dernier, le FMI se réjouit des nombreux chantiers engagés par Emmanuel Macron depuis le début de son mandat.

L’institution salue des “succès notables” obtenus par le Président tels que la réforme du Code du Travail et celle de la fiscalité, et encourage le Président à poursuivre ses efforts avec la formation professionnelle, l’assurance-chômage et l’apprentissage. D’après le chef économiste du FMI Maurice Obstfeld, ces réformes ambitieuses “renforcent le potentiel de croissance de la France”.

Afin de renforcer l’économie française face aux chocs économiques extérieurs, le FMI préconise de poursuivre la libéralisation de l’économie française. L’ouverture à la concurrence du système ferroviaire est cité à titre d’exemple. Les experts estiment que la France est devenue le “chef de file des réformes en Europe”.

Cependant, le FMI rappelle qu’il est nécessaire d’être vigilant sur la mise en oeuvre de ces réformes : l’objectif de baisser les dépenses publiques de 4 points d’ici 2022 est jugé “considérable” et “nécessite de renforcer les économies budgétaires mises en oeuvre jusqu’à présent“. Le but est ici de résister à de nouvelles baisses d’impôts non financées.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo