Facebook semble impacté par une pluie de déboires. Après une perte d’utilisateurs importante, une croissance médiocre, des coûts de fonctionnement en hausse, sans compter les scandales en tous genres, la publication de résultats trimestriels décevants a suffi pour affoler Wall Street.

L’action a perdu plus de 10% suite à la publication du dernier rapport financier, pour chuter de 23% dans les transactions après les commentaires du Directeur Financier du groupe David Wehner. Plus de $130 milliards de capitalisation se sont évaporés du jour au lendemain.

Quelles sont les raisons de cette dégringolade ?

1. Une perte importante d’utilisateurs

Le nombre d’utilisateurs de Facebook dans le monde n’a pas assez augmenté au goût des analystes. Ce chiffre est passé de 1,45 à 1,47 milliards, contre les 1,49 milliards attendus.

Pire, le réseau social stagne sur certains marchés cibles : 3 millions d’européens ont abandonné leur compte durant les trois derniers mois, ce qui fait passer le nombre d’utilisateurs en Europe de 282 à 279 millions.

Mark Zuckerberg a essayé de sauver les meubles après l’annonce, accusant le Règlement général sur la protection des données (RGPD) européen de plomber la croissance de Facebook en Europe.

Du côté de l’Amérique du Nord, le marché est à l’arrêt avec 185 millions d’utilisateurs. Désormais Facebook compte désespérément sur l’Asie pour renouer avec la croissance.

2. Des recrutements massifs et coûteux

Facebook recense aujourd’hui 30 275 employés, et compte en recruter 20 000 supplémentaires d’ici la fin de l’année. Le but de ces embauches est d’améliorer la sécurité sur le réseau social.

Mais tout cela a un prix : les dépenses de Facebook ont bondi de 50%, pour atteindre $37 milliards. Après la publication des ces résultats, le Directeur Financier du groupe David Wehner a déclaré “ Prévoir que la hausse des dépenses sera supérieure à celle du chiffre d’affaires en 2019”, ce qui n’a pas manqué de faire plonger le cours de l’action.

Si Mark Zuckerberg avait déjà prévenu que ces coûts allaient augmenter, personne en s’attendait à une hausse aussi importante.

3. Une grande dépendance à la publicité 

Au dernier trimestre, la publicité à elle seule représentait 98,5% du chiffre d’affaires de Facebook. Alors que les investisseurs s’inquiètent, le réseau social a affirmé mercredi sa volonté de donner aux utilisateurs un plus grand contrôle sur les publicités affichées.

Selon la société eMarketer, les revenus publicitaires de Facebook représenteront cette année 18% des dépenses publicitaires en ligne, juste derrière Google à 31%. Le cabinet d’études ajoute qu’Instagram génèrera un chiffre d’affaires global de $8,06 milliards cette année.

4. Deux mots : Cambridge Analytica

Même si le réseau social a tenté de redorer son image par tous les moyens possibles (dont $3,67 millions dédiés au lobbying), force est de constater que l’affaire Cambridge Analytica a coûté très cher à Facebook.

Souvenez-vous, la société britannique avait récupéré les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement, pour ensuite offrir ses services à Donald Trump pour sa campagne présidentielle de 2016. Suite au scandale, Zuckerberg avait du s’expliquer devant le Congrès américain.

5. Des investisseurs trop optimistes ?

Force est de constater que la réaction des investisseurs est disproportionnée vis-à-vis des résultats financiers de Facebook, qui sont légèrement moins bons que prévu. Si le chiffre d’affaires du groupe est en dessous des prévisions, il est toujours en hausse de 42%, soit $13,2 milliards.

Du côté du premier trimestre, le rythme de croissance du groupe était tout de même de 49%. De même, les investisseurs ont totalement ignoré le bénéfice net, qui a progressé de 31% pour atteindre $5,1 milliards. C’est en réalité la première fois depuis 2015 que Facebook est prise en défaut par excès d’optimisme.

En bref, avec un chiffre d’affaires en hausse de 42% et un résultat net en croissance de 31%, Facebook affiche une marge brute de 44% au second trimestre. De quoi faire toujours pâlir l’ensemble des autres sociétés de la planète.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo