C’est une première mondiale : le plus grand réseau social au monde, Facebook, va lancer une campagne contre la haine en France.

L’annonce a été partagée la veille du 13 novembre, jour tristement célèbre pour les attentats à Paris et à Saint-Denis en 2015. 

Certains experts dénoncent un nouveau coup de communication du Chef de l’état, alors que l’on apprend le suicide de la chef du collectif des “Policiers en Colère”,  Maggy Biskupski, qui dénonçait la fatigue des différents corps de police, hautement mobilisés en raison de l’état d’urgence décrété depuis les attentats.

Une fatigue dans les corps de défense qui risquent d’ébrécher ce nouveau projet.  

Un effort commun

C’est un projet de longue haleine. Le 23 mai dernier, Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg se rencontraient dans le jardin de l’Elysée, pour discuter du rôle des réseaux sociaux dans la société.

En pleine tourmente post Cambridge Analytica, le fondateur du plus grand réseau social au monde promettait au chef d’état français une vigilance accrue des utilisateurs qui partageraient des messages à caractère haineux et des “fake news”.

A lire aussi : Cambridge Analytica, la guerre des datas

Près de six mois plus tard, lors de son discours au Forum sur la gouvernance de l’Internet, lundi 12 novembre, le Président français a annoncé la mise en application d’un projet commun.

« C’est une première et une démarche expérimentale très innovante, qui illustre la méthode coopérative que je prône », a t-il expliqué aux journalistes du Monde.

Une équipe restreinte

L’équipe, qui sera en charge de débusquer sur Facebook les messages incitant à la haine, sera composée de cinq salariés du géant américain. Les cinq autres personnes seront issues du gouvernement.

Les profils seront triés sur le volet et le Secrétariat d’Etat au numérique aura la responsabilité de trouver un ingénieur, un juriste et d’autres membres. Ils devront être issus des Ministères ou institutions gouvernementales français. Le recrutement est en cours.

Depuis l’Elysée certaines rumeurs courent, stipulant que les heureux élus seraient issus de l’Arcep, du Conseil Supérieur du Numérique, ou bien encore de la Dinsic, la Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication.

Autrement dit,  une équipe verrouillée qui aura pour mission de rester très discrète, tout en veillant avec attention à l’activité des contenus publiés depuis l’hexagone…

La Police en colère

Alors que la France commémore le troisième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, la police est en deuil. Maggy Biskupski qui avait monté une association pour protéger les policiers des violences post-attentats, s’est donnée la mort, lundi 12 novembre.

Le même jour que cette annonce entre Facebook et le gouvernement français.

Le Ministre de l’Intérieur lui a rendu hommage sur Twitter

 

Actuellement, la plupart des CRS et policiers n’ont toujours pas reçu l’accord de leur hiérarchie pour poser des jours de congés depuis les attentats du 13 novembre 2015, dûs à un état d’urgence prolongé.

Avec une tension aussi forte dans les rangs de la police, et les remontées possibles dans les Ministères, les experts indiquent qu’il sera difficile pour Emmanuel Macron de recruter le personnel nécessaire pour cette nouvelle unité.

De plus, le chef de l’état a qualifié cette équipe comme une « expérience pilote », encore incertain quant à la fiabilité des membres de l’équipe de Facebook.

Certains redoutent l’émergence d’une plateforme parallèle sur le darknet pour éviter cette possible censure, alors que les Etats-Unis ont fermé la plateforme d’extrême-droite Gab le mois dernier,  où l’auteur de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh était un habitué.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

Articles à Recommender

C’est une excellente nouvelle pour l’industrie des transports français : Ouibus, qui appartenait jusque lors à la SNCF, vient d’être racheté par Blablacar. (REUTERS/Christian Hartmann)

shutterstock.com