Après deux ans de pourparlers, la Commission Européenne inflige une nouvelle amende à Google, cette fois d’un montant de 4,3 milliards d’euros.

Le groupe américain aurait abusé de la position dominante de son système d’exploitation sur smartphone, Android, afin d’imposer ses propres applications aux consommateurs.

Utilisé sur 80% des smartphones vendus en Europe et dans le reste du monde, Android était dans le collimateur de la Commission Européenne depuis plusieurs années.

Les 3 accusations contre Google sont :

– d’obliger Samsung et Huawei à pré-installer l’application “Google Search” lors de la fabrication et à la paramétrer comme étant un moteur de recherche par défaut, voire exclusif.
– d’empêcher les fabricants de commercialiser des smartphones opérant sous des systèmes d’exploitation concurrents d’Android.
– d’accorder des incitations financières aux fabricants de smartphones ainsi qu’aux opérateurs mobiles pour qu’ils préinstallent l’application Google Search sur les appareils.

4,34 milliards d’euros d’amende en 2018

C’est la somme demandée par la Commission Européenne à Google mercredi. Le géant du web est accusé d’avoir obligé ses fabricants de smartphones Android, tels que Samsung et Huawei, à installer ses propres applications, et ce dès l’usine.

C’est notamment le cas pour l’application Chrome, qui est un prérequis pour utilisation de l’application Play Store. En réalité, les applications de Google fonctionnent par pack : les 11 plus populaires, (Maps, Chrome, YouTube, Google, Drive…) doivent être installées ensemble par le fabricant. Soit ce dernier installe le “pack”, soit il n’installe aucune application. C’est “tout ou rien”.

Google était également accusé d’empêcher les fabricants de smartphones à produire des appareils fonctionnant sous des systèmes d’exploitations concurrents, ainsi que d’avoir rémunéré les fabricants et opérateurs mobiles pour qu’ils préinstallent Google Search par défaut sur leurs appareils.

2,42 milliards d’euros d’amende en 2017

Vous avez bien lu, le montant de la nouvelle amende a doublé par rapport à 2017. A l’époque, Google s’était fait épingler pour des motifs similaires, cette fois c’est concernant son moteur de recherche : le groupe a abusé de sa position dominante sur son comparateur de prix Google Shopping.

D’après Gartner, le système d’exploitation Android est numéro 1 de l’industrie des smartphones avec une part de marché de 85,9% en 2017 contre seulement 14% pour iOS. 1,3 milliard de smartphones fonctionnant sous Android ont été vendus en 2017 contre 215 millions pour iOS et 1,5 million pour les autres systèmes d’exploitation.

L’amende : une tape sur la main pour Google

Pour chaque amende, le montant est décidé au dernier moment. Selon les règles de la concurrence européenne, elle peut en théorie atteindre jusqu’à 10% du chiffre d’affaires global de l’entreprise. Pour Google, ce dernier était de $110,9 milliards en 2017. Alors que Google génère un chiffre d’affaires de $100 milliards par an, cette amende est considérée comme “un PV de stationnement”.

Ce qui pose problème au groupe, c’est plutôt l’obligation d’arrêter de forcer ses partenaires à préinstaller ses applications. C’est justement ce modèle économique qui fait vivre Google. Mais force est de constater que cette décision arrive trop tard : Gmail et Google Maps sont des applications tellement populaires que les utilisateurs vont probablement les télécharger si elles ne sont pas sur leur smartphone.

Le PDG de Google, Sundar Pichai a néanmoins publié un billet de blog déclarant que la société allait faire appel à la décision de la Commission.

Une troisième amende en attente ?

Outre Android, la Commission Européenne pourrait épingler Google pour ses pratiques publicitaires. Depuis le 14 juillet 2016, le groupe est accusé d’avoir abusé de sa position dominante sur le marché de la publicité en ligne avec AdSense, qui représente 80 % du marché en Europe. Google aurait artificiellement empêché les sites internet d’afficher les publicités contextuelles publiées par des concurrents.

Cette sanction arrive au moment où les tensions entre les États-Unis et l’UE sont au plus haut : on peut citer la guerre commerciale sur les importations de véhicules européens ou encore les désaccords sur l’Otan. Le Président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker se rendra à Washington la semaine prochaine pour tenter de désamorcer les conflits commerciaux existants.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo