Après qu’un véhicule ait heurté une piétonne traversant en dehors des clous dans la ville de Tempe en Arizona, la société Uber a suspendu son programme de test voitures autonomes sur les routes publiques.

Alors que la moitié de la flotte d’Uber est située en Arizona, c’est une très mauvaise nouvelle pour le géant du VTC qui misait gros sur cette technologie censée réduire le nombre d’accidents de la route. La grande question est ici de savoir pourquoi le système n’a pas réagi face au danger.

Un véhicule autonome Uber écrase une piétonne

L’incident s’est déroulé le 18 mars dernier dans la ville américaine de Tempe, où Uber fait rouler ses voitures autonomes sur la voie publique. Vers 22h, la victime Elaine Herzberg surgit de nulle part devant la voiture Uber qui la renverse, et ce sans ralentir ni avant ni après la collision.

Selon la société, au moment de la collision de la piétonne traversant en dehors des clous, le véhicule était en mode autonome. Sur la vidéo du drame, on peut voir la personne derrière le volant regarder quelques secondes vers le bas pour ensuite redresser la tête avant de heurter la piétonne.

Après l’accident, Uber a suspendu ses essais de voitures autonomes à Tempe, mais aussi San Francisco, Pittsburgh et Toronto. Un accident était déjà survenu en 2016 lorsqu’un automobiliste consultant une Tesla Model S autonome avait perdu la vie après une erreur de système.

Selon le régulateur des transports (NTSB) la route où est survenu l’accident n’était pas adaptée à cette technologie. Tesla avait alors répondu que l’accident était du à une trop grande dépendance du conducteur à l’Autopilot pour ensuite rappeler que les conducteurs devaient rester attentifs pendant la conduite.

Est-ce vraiment l’avenir des transports ?

Aujourd’hui de nombreuses sociétés se livrent une bataille acharnée sur la voiture autonome, persuadées que cette dernière représente l’avenir des transports. On peut citer les géants du VTC Lyft et Uber, mais également General Motors qui teste actuellement une voiture sans volant ni pédales et Waymo, la filiale dédiée d’Alphabet/Google.

Uber et Lyft sont en première ligne, ce qui est compréhensible étant donné que la plus grande partie de leurs coûts est allouée à la rémunération des chauffeurs. Selon les défenseurs de la technologie, les machines sont beaucoup plus fiables que les humains et la voiture autonome va diminuer le nombre d’accidents de la route.

Est-ce vraiment le cas au vu des accidents mortels observés ces dernier mois ? Aux États-Unis on estime que 90% des 40 000 décès sur la route tous les ans sont dus à des facteurs humains.

Selon la filiale d’Alphabet, son propre système de conduite aurait été capable d’éviter l’accident: les ingénieurs affirment que non seulement le conducteur était irresponsable, mais que le système Uber était défectueux. Il faut rappeler que Waymo est Uber sont deux adversaires historiques qui se sont affronté devant la justice pour une histoire de vol de brevet. En l’occurence Uber aurait copié la technologie de détection des obstacles à Waymo.

Mauvaise nouvelle pour l’ensemble du secteur

Alors que Tesla était déjà affectée par les doutes sur la production de la Model 3, après l’incident l’action a dévissé de 8,2% à Wall Street. Le constructeur de semi-conducteurs Nvidia est lui aussi dans la tourmente avec une chute de 7,7%. Ce dernier incident met incontestablement à mal les futurs tests des voitures autonomes, et va peut-être ralentir leur développement à long terme.

En ce qui concerne Uber, le New York Times affirme que le programme de conduite autonome d’Uber soulevait des interrogations en interne bien avant l’accident: en effet des employés auraient à plusieurs reprises exprimé des inquiétudes quant à la sécurité des véhicules.

Suite à l’accident mortel d’Uber, Toyota a décidé de suspendre ses propres essais de voiture autonome. Selon la société japonaise, l’impact émotionnel de l’incident sur les pilotes d’essai serait en cause. Toyota menait des essais en Californie et dans le Michigan depuis le début de l’année 2018, et était même en pourparlers avec Uber pour intégrer le système de ce dernier dans ses voitures.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo