Fin octobre, Microsoft décrochait un contrat juteux de $10 milliards avec le Département Américain de la Défense, pour développer une solution de « cloud computing ».

Une victoire pour le géant originaire de Seattle et un sérieux camouflet pour Amazon, grand favori de la course. S’estimant lésé, le groupe dirigé par Jeff Bezos monte au créneau et dénonce un choix partial de l’administration américaine.

Contrat record pour Microsoft

Qui aurait parié que Microsoft l’emporterait ? Le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), convoité depuis des années par le géant de la livraison à domicile, a finalement été remporté par le spécialiste de l’informatique natif de Seattle.

C’est le département américain de la Défense qui a annoncé le 26 octobre dernier la victoire de Microsoft. Contrairement aux pronostics qui désignaient Amazon, c’est donc la firme de Redmond qui stockera les données en ligne du gouvernement américain.

L’entreprise remportait ainsi le contrat le plus lucratif de l’histoire du Pentagone – $10 milliards sur une durée de dix ans – pour remettre à niveau les systèmes informatiques des forces armées des Etats-Unis.

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Camouflet surprise pour Amazon

Si la victoire de Microsoft a eu un effet de surprise sur les experts, Amazon a accusé le coup. Le géant du commerce en ligne conteste aujourd’hui l’attribution de ce marché, qu’il pense réalisée de manière subjective et en a avisé un tribunal.

Le pôle appelé Amazon Web Services (AWS), en service auprès d’organismes gouvernementaux américains, dont la CIA, est leader dans le domaine du « cloud computing », avec environ 33% de parts de marché.

Une expertise avérée, des technologies perfectionnées… Bref, l’entreprise a le plus grand mal à accepter le résultat de cet appel d’offres.

«Nous pensons qu’il est tout aussi essentiel pour notre pays que le gouvernement et ses dirigeants élus attribuent les contrats de façon objective et sans influence politique», a déclaré un porte-parole d’Amazon, repris par l’AFP.

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Une décision politique ?

Selon le Washington Post, la décision du gouvernement américain de privilégier Microsoft ne serait pas une coïncidence.

En effet, d’après James Mattis, ancien Secrétaire d’Etat américain à la Défense, le Président Donald Trump lui aurait dit « d’envoyer paître Amazon » lors d’un échange portant sur les termes du contrat.

Les relations entre Donald Trump et le fondateur d’Amazon Jeff Bezos ne seraient donc pas au beau fixe.

Au total, Amazon aurait dépensé près de $25 millions de lobbying auprès du gouvernement et du Congrès, contre seulement $17,43 millions pour Microsoft sur la même période.

Mais pour ce qui est du marché très concurrentiel des services de cloud mondial, si AWS reste le mieux placé, Microsoft Azure grandit rapidement. Les deux leaders n’ont donc pas fini de s’affronter et se retrouveront certainement en compétition pour différents contrats à l’avenir, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo