Le fabricant sud-coréen serait-il sur le point de mettre sa filière française en péril ? Le 3 juillet dernier, l’AFP a confirmé une mise en examen de Samsung pour violation des droits de l’homme dans plusieurs de ses usines, notamment en Chine. 
Ce n’est pas la première fois que Samsung est poursuivi en justice pour ces raisons. Tout comme ses concurrents Apple et Huawei, les conditions de travail dans les usines du fabricant sud-coréen ont été décriées par de nombreuses ONG. 
En 2018, des organisations non-gouvernementales, telles que Sherpa et ActionAid-Peuples solidaires, ont décidé de se porter parties civiles. L’objectif : obliger Samsung à respecter des codes éthiques, sous contrainte de payer de lourdes amendes. 

Un énième scandale

Tout commence avec un documentaire d’Elise Lucet. En 2018, la célèbre journaliste d’investigation consacre une de ses émissions à un documentaire sur les secrets de fabrication des smartphones.

Peu connus du grand public, nombreux sont les scandales qui ont éclaboussé les fabricants de smartphones.

En 2010, Apple fait face à une vague de suicides dans sa plus grande cité-usine : près de 15 ouvriers se donnent la mort sur leur lieu de travail.  Localisée en Chine, l’usine Foxconn est un sous-traitant de nombreux géants de l’informatique, dont Hewlett-Packard.

Samsung, également suspecté mais jamais condamné, pourrait bien voir sa réputation entachée pour les mêmes raisons.

Le 11 janvier dernier, Sherpa et ActionAid France ont déposé “une plainte auprès du parquet de Paris pour pratiques commerciales trompeuses contre le géant de l’électronique, Samsung Electronics France, et Samsung Electronics Co. Ltd., la maison mère coréenne”, rapporte le Monde.

Respecter l’éthique du travail

Se basant sur la publication de nouveaux rapports d’enquêtes de l’ONG China Labor Watch, l’ONG française Sherpa a confirmé avec l’association chinoise : “l’emploi d’enfants de moins de 16 ans, des horaires de travail abusifs, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine”. 

Par ailleurs, “l’utilisation de benzène et de méthanol dans les usines coréennes aurait causé des maladies incurables chez plusieurs employés”, conclut le rapport, qui note une “mise en danger des travailleurs”.

D’après un autre rapport publié par France 24, plusieurs entreprises au Vietnam et en Corée du Sud seraient également concernées.

Samsung se défend

Samsung avait d’ores et déjà publié un communiqué de presse sur son site Internet pour confirmer sa coopération : « Nous respectons les droits fondamentaux de tous. Le travail forcé, l’exploitation salariale, l’esclavage des enfants sont strictement interdits », pouvait-on lire en 2012.

Alors que le 17 avril, un représentant de la filiale française de Samsung avait été convoqué par un juge parisien, la France pourrait bien jouer un rôle déterminant dans le changement des conditions de travail des ouvriers en Asie.

“C’est la première fois en France qu’il est reconnu que les engagements éthiques pris par une entreprise sont susceptibles de constituer des pratiques commerciales qui engagent, à ce titre, leur émetteur”, ont conclu les ONG dans un communiqué.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo