Deux jours durant, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg a dû faire face aux questions des élus du Congrès américain. Très entraîné pour cet interrogatoire de dix heures, Zuckerberg est resté imperturbable.

Depuis le scandale Cambridge Analytica, la réputation de Facebook et de son PDG ont souffert, ce qui s‘est fait sentir sur l’action boursière du groupe. Les données de 87 millions d’utilisateurs auraient été “dérobées” et utilisées pour influencer les élections présidentielles.

S’excuser pour mieux recommencer ?

Pour la première fois depuis la création de Facebook, Mark Zuckerberg a admis que le réseau social était responsable des contenus publiés par ses utilisateurs.

Pourquoi un tel aveu ? D’après les spécialistes, cela coupe l’herbe sous le pied des régulateurs. Il s’est ensuite excusé pour les divers dysfonctionnement observés. “C’était mon erreur. Je suis désolé”.

Après que la société britannique Cambridge Analytica ait dérobé les données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook, Mark Zuckerberg s’est montré hésitant, mal à l’aise et fuyant face aux questions du congrès.

Du bout des lèvres, le dirigeant a déclaré que la régulation des réseaux sociaux était “inévitable”, sans toutefois s’engager sur une nouvelle législation.

C’est en réalité la ligne de défense de Facebook depuis sa création : présenter des excuses, assurer sa volonté de protéger ses 2 milliards d’utilisateurs, mais rester vague sur ses intention depuis maintenant 14 ans.

Mark Zuckerberg tombe de son piédestal

Alors qu’il y a un an Zuckerberg menait une campagne de séduction auprès du grand public, le scandale Cambridge Analytica le fait tomber de son piédestal.

Tout comme Facebook, il n’est plus intouchable. Du côté des marchés financiers, c’est la dégringolade pour Facebook. L’action du groupe a reculé de 1,47% pout tomber à $163,87 mercredi.

Une entraînement de choc pour l’audition

Selon le New York Times, le PDG de Facebook s’est entouré des meilleurs pour ce rendez-vous : entre coaching avec un ancien conseiller du président George W. Bush et auditions avec son équipe, rien n’a été laissé au hasard. Ces efforts ont payé : bien que très mal à l’aise durant les entretiens, Zuckerberg est apparu comme normal et de bonne foi.

Arrivé équipé de plusieurs pages de notes, il a évité agilement de répondre à plusieurs questions sensibles. Quand on lui demande s’il était prêt à changer le modèle économique de Facebook pour protéger ses utilisateurs, il répond “ne pas comprendre la question”.

Interrogé sur les ingérences russes avérées durant les élections américaines de 2016, il a une nouvelle fois assuré que Facebook était “sûr”. Selon Zuckerberg, le seul tort de Facebook serait d’être trop “lent” pour identifier les achats de publicité politique en provenance de Russie.

Pour prouver sa bonne foi, il a même annoncé que les données de son propre compte personnel avaient été récupérées de manière illégale par des entreprises tierces.

Pas de règlementation en vue

Après dix heures d’audition, il semble que Zuckerberg ait réussi à convaincre : le Congrès américain ne laisse paraître aucune règlementation contraignante pour son réseau social dans l’immédiat. Tout le monde est d’accord sur une point : il est nécessaire que les choses changent. Mais qui en prendra la responsabilité ? Facebook a clairement montré les limites de l’autorégulation.

Au coeur du modèle économique de Facebook, on retrouve l’exploitation des données utilisateurs : le réseau social est gratuit uniquement grâce à la publicité.

En bref, le produit c’est vous. La solution à cela serait de rendre le service payant. Durant l’audition, Mark Zuckerberg a assuré qu’une version payante était à l’étude, mais qu’il “existerait toujours une version gratuite de Facebook”, surtout dans les pays les plus pauvres.

Les excuses de Mark Zuckerberg en 6 dates :

– 2006 : “nous avons vraiment fait une erreur”.
– 2007 : “nous avons fait du mauvais travail, je m’excuse”.
– 2010 : “parfois nous allons trop vite”.
– 2011 : “je suis le premier à admettre que nous avons fait pas mal d’erreurs”.
– 2017 : “je vous demande de me pardonner, je vais faire en sorte de m’améliorer”. 
– 2018 : “C’était mon erreur. Je suis désolé”

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo