Le mouvement de libération des femmes provoqué par l’affaire Weinstein se propage jusqu’aux portes de l’Église. A en croire le journal du Vatican qui vient de publier un article sur les bonnes soeurs dans son supplément féminin, les religieuses souffriraient de leur asservissement et de leur manque de considération.

Trois d’entre elles ont témoigné de manière anonyme pour dénoncer leurs conditions de travail ingrates et le manque de considération de l’Église. Sans aucune rémunération, ni reconnaissance, elles passent de longues heures à cuisiner, nettoyer et repasser. Même les plus éduquées d’entre elles sont cantonnées à des tâches domestiques et exclues de postes à responsabilités.

Les religieuses dévalorisées et exploitées

Le supplément mensuel du journal officiel du Vatican a publié le 1er mars un article au titre choc dans lequel il décrit le quotidien des religieuses. D’après “Le travail presque gratuit des sœurs”, ces dernières seraient exploitées, dévalorisées et traitées comme des subalternes par les membres masculins de l’Église.

Dans un pays où la loi du secret règne, le message est fort. Derrière les organisateurs de la Journée des droits de la Femme qui se tiendra le 8 mars prochain à Rome, l’Église reste un endroit où l’égalité des sexes est ignorée de manière systématique.

Les sœurs Marie, Paule et Cécile ont longuement dénoncé leurs conditions de travail au service de la hiérarchie masculine de l’Église. Certaines soeurs n’ont pas d’horaires précis ni réglementés, se lèvent à l’aube et se couchent à la nuit, le tout pour une rémunératoire aléatoire, voire inexistante.

Ce qui pousse les soeurs à la rébellion, c’est le fait que les tâches domestiques sont systématiquement attribuées aux femmes. Elles n’ont pour ainsi dire aucune reconnaissance professionnelle ou personnelle. Derrière tout cela, toujours la même idée : de manière générale la femme est moins importante que l’homme, et dans l’Église le prêtre est tout tandis que la femme n’est rien.

Des abus de pouvoir au sein de l’Église

De nombreuses religieuses se sentent redevables envers l’Église, leur congrégation religieuse ayant payé les soins médicaux ou les études d’un membre de leur famille en échange de leur dévotion.

Si historiquement la plupart des religieuses du Vatican sont italiennes, depuis quelques années beaucoup arrivent de pays en développement d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie. Étant issues de parents pauvres, elles estiment ne pas avoir à se plaindre de leurs conditions de travail.

Pour les plus brillantes d’entre elles, les mères supérieures refusent qu’elles puissent poursuivre des études supérieures pour éviter qu’elles “deviennent orgueilleuses”.

Celles qui ont déjà effectué des études supérieures ou ont des dizaines d’années d’expérience sont envoyées faire la plonge ou la cuisine. Pour faire simple, les soeurs sont considérées comme des volontaires qu’on peut utiliser à sa guise. Cela donne bien trop souvent lieu à de véritables abus de pouvoir : les religieuses peuvent être transférées du jour au lendemain, et ce sans aucune explication.

Le pape François très contradictoire sur le sujet

Loin d’apporter une réponse claire à la question, le pape François s’emmêle dans les contradictions. En mai 2016 il déclare « Si quelqu’un vous demande de faire quelque chose et qu’il s’agit davantage de servitude que de service, il est courageux de refuser », pour ajouter un peu plus tard qu’il ne fallait pas “tomber dans le féminisme”.

Dans le pure tradition catholique romaine, le pontife persiste à interdire l’ordination des femmes et semble être incapable de se rendre compte du sexisme qui règne au sein de l’Église. En attendant, personne ne sait s’il est en faveur de plus de pouvoir aux femmes ou non.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo