Vous avez bien lu. D’après le Financial Times, un début de manque de CO2 en Europe pourrait mener à une pénurie de bière dès cet été.

Alors que la Coupe du Monde bat son plein, que la haute saison des bars et des barbecues commence, et que les températures atteignent les 30 degrés en Europe, c’est le scénario catastrophe pour les producteurs et les consommateurs.

Pénurie de gaz carbonique en Europe

D’après le magazine spécialisé Gas World, il s’agirait de “la situation la plus difficile sur le marché européen du dioxyde de carbone depuis plusieurs décennies” :  il n’y a plus assez de dioxyde de carbone en Europe. Pourquoi ?

Parce que le dioxyde de carbone découle de la production d’ammoniac, également utilisé pour produire de l’engrais agricole.

Les entreprises agricoles ayant planté leurs cultures au printemps, une baisse a été enregistrée sur le marché de production de l’ammoniac. Les usines en Europe du Nord ont donc fermé pour un entretien programmé. Pas de chance, cela a coïncidé avec des températures anormalement chaudes en Europe, qui ont provoqué une demande accrue en boissons gazeuses.

L’ensemble des grands fournisseurs de CO2 liquides sont concernés, à savoir Praxair, Messer, Air Liquide et Linde. Au Royaume-Uni, une seule grande usine de CO2 continuerait à fonctionner. Ainsi les ventes aux bars et restaurants sont rationnés : le géant des supermarchés Tesco a déjà annoncé limiter ses ventes aux grossistes à 10 caisses de bière et 5 caisses de cidre ou boissons pétillantes.

Pendant ce temps, Heineken a affirmé “travailler 24 heures sur 24” afin de répondre à la demande en hausse et ne pas impacter l’approvisionnement. La filiale de Coca-Cola a déclaré qu’elle avait suspendu momentanément une partie de sa chaîne de production et qu’elle cherchait des approvisionnements en gaz à travers l’Europe. Cette semaine est critique pour l’industrie, mais la situation devrait s’arranger dès la relance des usines d’ammoniac.

Moscou également au bord de la pénurie

En Russie, la forte consommation de bière des supporters de football a rapidement épuisé les stocks, et les bars et restaurants de la capitale s’inquiètent. “Nous ne nous attendions pas à ce que les gens ne boivent que de la bière”.

Ils ne pensaient pas que la bière aurait un tel succès. Pourtant c’est la seule boisson que demandent les supporters : le patron d’un bar branché de Moscou a annoncé en avoir écoulé 800 litres en trois jours.

Mais dans un pays où la réglementation sur l’alcool plus stricte qu’en Europe, il semble que les grands producteurs internationaux n’aient pas anticipé l’augmentation de la demande durant la Coupe du Monde. Ainsi les délais de livraison sont longs, et les quantités limitées.

Pendant longtemps, les russes ont détenu la palme mondiale de la consommation d’alcool par habitant. Ce sont les alcools forts tels que la vodka qui y ont le plus la cote, la bière ayant fait une entrée tardive dans le pays. Pour eux, il s’agit d’une “boisson non alcoolisée”. En réalité, la bière n’était légalement pas considérée comme un alcool en Russie jusqu’en 2011.

La glace pourrait également manquer

Cette pénurie affecte également les producteurs de viande et autres entreprises de l’agroalimentaire qui utilisent le gaz carbonique pour produire du réfrigérant. Ainsi, la glace pourrait également venir à manquer en Europe.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo