La société néo-zélandaise Perpetual Guardian, gestionnaire de patrimoine, a testé le concept de la semaine de quatre jours.

Son fondateur Andrew Barnes est parti d’un constat simple : en donnant à ses employés davantage de flexibilité dans la répartition du temps de travail et de la vie personnelle, ces derniers seraient plus concentrés à la tâche.

L’expérience réalisée en mars et avril a été un franc succès : 78% des employés ont estimé être capables d’équilibrer leurs engagements au travail et à la maison, soit 24 points de plus qu’en 2017.

  • Une société néo-zélandaise, Perpetual Guardian, a expérimenté la semaine de 4 jours.
  • Ses employés étant plus heureux et plus productifs, la société a décidé de rendre le changement permanent.
  • D’autres sociétés ont tenté l’expérience, avec des résultats positifs.
  • D’après les chercheurs, une personne ne peut se concentrer que pendant une période de temps limitée.

Semaine de 4 jours payée 5 jours

Les français en rêvent, une société néo-zélandaise l’a fait ! Durant les mois de mars et d’avril, le service de gestion de patrimoine Perpetual Guardian a mis en place la semaine de quatre jours pour ses employés.

L’idée vient du fondateur et gérant de la société, Andrew Barnes. Son objectif est que ses employés se concentrent à 100% sur les tâches qui leurs sont assignées pendant 4 jours, tout en profitant pleinement de leur vie familiale durant leurs jours de congé.

Ce sont deux professeurs de l’Université d’Auckland qui ont été chargés de l’étude : Helen Delaney et Jarrod Haar. Durant les mois de mars et d’avril, les 240 employés de Perpetual Guardian ont travaillé 4 jours par semaine, 8 heures par jours, mais tout en étant payés 5 jours.

Après une période d’essai de 8 semaines, les résultats observés furent incroyables : à salaire égal, la réduction du nombre d’heures a augmenté de 24% l’équilibre entre travail et vie personnelle pour 78% de ses employés.

Jarrod Haar, spécialiste en ressources humaines, a constaté que la satisfaction des employés avait augmenté à tous les niveaux : ils sont plus performants, plus motivés et ont plus d’énergie. Ce jour de repos supplémentaire les a également rendus plus ponctuels et plus créatifs.

Appelé à réagir face à ces résultats, le Ministre des Relations de Travail néo-zélandais Lees-Galloway a déclaré que les conclusions de l’étude étaient “très intéressantes”. Il a ajouté “souhaiter encourager les entreprises à essayer de nouveaux modèles de travail”.

Problème : une gestion du temps difficile

Malgré ces résultats encourageants, force est de constater que le modèle de la semaine de 4 jours n’est pas parfait. En effet, les employés ont eu leur congé à des moments différents de la semaine, ce qui a rendu la gestion du temps difficile.

Le problème a été flagrant dans les petites équipes, contraintes de compenser les absences. Bilan, certaines personnes ont déclaré être plus stressées qu’avant l’expérience en amont de leur départ en congé.

C’est ce qu’a expérimenté la Suède en 2017. Dans la ville de Gothenburg, les employés d’une maison de retraite n’ont travaillé que 30 heures par semaine pendant deux ans. Sans surprise, ces employés étaient plus heureux, moins stressés et enclins à travailler davantage.

Mais le prix à payer en terme de ressources humaines fut très élevé : pour permettre aux 80 employés de travailler moins, le gouvernement a du engager 17 remplaçants, ce qui représente un trou de 630 000 euros dans le budget, soit une hausse de 22%.

Cette idée n’est pas nouvelle

Malgré ce que vous pourrez lire sur le site de Perpetual Guardian, cette idée n’est pas nouvelle. Par le passé, de nombreuses études et tests en entreprise ont montré que de manière générale les employés sont beaucoup plus productifs lorsqu’ils ont un temps de travail limité. En bref, les semaines de 50 heures et plus ne sont pas nécessairement synonymes de productivité.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo