Chaque année dans le monde, 7 millions de personnes meurent à cause de la pollution de l’air. D’après l’OMS qui a publié un rapport inquiétant, c’est davantage que la tuberculose, le sida, les accidents de la route et le diabète cumulés !

La pollution de l’air est à présent reconnue comme un “facteur de risque majeur” quant aux maladies non transmissibles, qui sont à l’origine de 70% des décès dans le monde. 

Pour remédier à ce problème et convaincre les pays de lutter contre ce “tueur invisible”, l’OMS va organiser la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé qui se tiendra à Genève le 30 octobre prochain.

La pollution responsable de 29% des cancers du poumon

D’après l’OMS, la pollution de l’air serait en cause de nombreux décès prématurés liés à des maladies cardio-respiratoires ; 29% des cancers du poumon, 43% des maladies pulmonaires chroniques obstructives, 25% des AVC et 24% des infarctus.

Ces particules fines, à savoir les PM10 et PM2,5, sont plus petites qu’un cheveu. Elles sont ainsi capables de pénétrer dans le système respiratoire des individus et de s’incruster très profondément dans les poumons, le coeur et les artères. Il s’agit d’une maladie silencieuse, qui tue à petit feu. La mortalité due à la pollution de l’air intérieur explose et passe de 3,8 millions en 2016 à 4,2 millions en 2017.

7 millions de morts précoces à cause de la pollution, c’est davantage que le sida (1,1 million), le diabète (1,6 million), la tuberculose (1,4 million), et les accidents de la route (1,3 million) réunis. Le risque s’accroît d’année en année, le bilan de 2016 faisant état de 6,5 millions de décès soit 500 000 de moins. Les moins de 5 ans sont les plus touchés, avec en tête des maladies, la pneumonie.

Aujourd’hui, seule une personne sur cinq vit dans une région du monde où les niveaux de pollution aux particules fines respectent les seuils fixés par l’OMS : moins de 10 μg/m3 de PM2,5 et 20 μg/m3 de PM10. Comme on peut s’y attendre, les habitants des mégalopoles sont les plus touchés, avec des taux supérieurs à ces seuils.

Des villes comme New Delhi, Pékin, Shanghaï, Lima ou Mexico sont également visées par le rapport de l’OMS. La région la plus touchée est l’Asie du Sud-Est, en particulier l’Inde et la Chine, avec plus de 4 millions de décès par an. Du côté de l’Afrique, 1 million de victimes est à déplorer.

Les pays pauvres sont les plus touchés

L’OMS est formelle : 90% de la population mondiale est touchée par les particules fines liées à la pollution de l’air, mais ce sont les pays les plus pauvres qui sont les plus touchés.

Les niveaux de pollution seraient restés plus ou moins stables durant les six dernières années, avec des baisses dans certaines régions d’Amérique et d’Europe. Parmi les villes de plus de 14 millions d’habitants, Delhi et le Caire sont les plus polluées en 2016 avec plus de 270 μg/m3 de PM10.

La Chine fait des efforts en termes de pollution

Malgré son rapport inquiétant, l’OMS salue les efforts de nombreux leaders politiques qui prennent le sujet au sérieux et agissent. La Chine se voit félicitée pour l’arrêt du chauffage au charbon, tandis que Mexico a annoncé l’interdiction des voitures diesel d’ici à 2025.

Du côté de l’Europe, le Commissaire à l’environnement Karmenu Vella a sommé les Ministres de l’écologie de la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Roumanie, la Slovénie et la République Tchèque de prendre des mesures afin de protéger leurs citoyens.

Malheureusement, de nombreux autres pays n’ont encore pris aucune mesure contre la pollution. Alors que l’Inde affiche des pics de pollution atteignant 1 000 µg/m³, le Ministre de l’environnement persiste à nier la réalité et réclame des masques à l’OMS. En bref, le pays contourne les sources du problème qui tue 2 millions de ses citoyens chaque année.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo