En 2017, le marché du commerce équitable français a atteint le milliard d’euros, ce qui représente une croissance de 10% par rapport à 2017.

En plein progression depuis la fin des années 1980, ce système d’échange vise à rendre le commerce mondial plus juste en se basant sur trois piliers: le paiement d’un prix juste, de meilleures conditions de travail et l’égalité des sexes.

C’est ce dernier point qui est en ce moment au centre des discussions dans le cadre de la 18e quinzaine du commerce équitable qui se tient du 13 au 28 mai.

La quinzaine du commerce équitable

Le commerce équitable est tout d’abord un partenariat commercial, lui même basé sur la transparence et le respect. Son but est d’offrir de meilleurs conditions commerciales et économiques aux producteurs défavorisés, tout en améliorant leurs conditions de vie.

Sur l’ensemble du territoire français, des conférences et ateliers aborderont un des sujets centraux du commerces équitable, à savoir l’égalité entre les hommes et les femmes. Saviez-vous qu’aujourd’hui trois quarts des personnes qui gagnent moins d’un dollar par jour sont des femmes ?

Alors que plus de la moitié des femmes dans le monde produisent l’ensemble de l’alimentation, seulement 13% d’entre elles sont propriétaires. De même, alors que 43% de la population agricole est représentée par des femmes, elles possèdent seulement 1% des biens et ressources. Grâce au commerce équitable, l’émancipation économique de ces productrices et artisanes est favorisé.

Trois engagements ont été pris

– Il faut davantage de femmes dans la filière du commerce équitable, en particulier à la gouvernance des organisations.
– L’égalité homme-femme dans l’accession à la propriété des terres doit être améliorée pour répondre à une transformation sociale concrète.
– Davantage d’impacts positifs pour les femmes doivent être mis en place afin de les aider à sortir de la vulnérabilité.

Les français disent “oui” au commerce équitable

En France, la consommation de produits issus du commerce équitable a progressé de 46% de 2015 à 2016, puis de 10% l’année suivante. Les grandes et moyennes surfaces sont le lieu d’achat privilégié pour ces produits dont la grande majorité est également dotée du label bio. Pour la première fois cette année, le marché a atteint le milliard d’euros de ventes en France.

D’après le sondage OpinionWay pour Max Havelaar France réalisé en 2018, 79% des Français disaient “oui” à plus de produits équitables, qui représentent selon eux une manière citoyenne de consommer.

62% déclarent prendre en compte les conditions de production et de commercialisation des produits lors de l’achat, tandis que 54% d’entre eux déclarent se soucier de la personne qui les a produits. Cela représente une hausse de 19% par rapport à 2017.

Aujourd’hui, les produits les plus concernés sont le café, le cacao, le sucre, les fruits tropicaux, le coton, et plus récemment le blé. Ce dernier est un produit dont le marché est extrêmement volatil. Ainsi en cas de baisse des prix, c’est toute la filière qui plonge, y compris le producteur, le boulanger et le meunier.

Lorsque les prix remontent, le producteur sourit mais le boulanger et le meunier se retrouvent en difficulté. Grâce au commerce équitable, non seulement la filière du blé se tourne vers le bio, mais elle a davantage de visibilité sur les prix.

Convergence entre “bio” et ”équitable”

Aujourd’hui, acheter un produit estampillé  « local », « Made In France » est insuffisant pour contrer l’impact néfaste de la mondialisation. Il s’agit plutôt d’une technique marketing employés par les marques et distributeurs.

En effet, cela ne rend aucunement une relation commerciale juste ou responsable. Pour cela, l’intérêt du producteur doit être pris en compte et vérifié par un organisme certificateur. De nombreux labels équitables existent déjà, à l’instar de WFTO, ESR, BIOPARTENAIRE, SPP, ou encore MAX HAVELAAR.

Alors que 74% des produits vendus en France portaient la double étiquette “équitable” et “biologique” en 2017, ce chiffre est passé à 81% en 2018. D’après la déléguée générale de Commerce Equitable France Julie Stoll, il existerait des incitations économiques au passage au bio pour les producteurs. En effet les prix minimum garantis sont plus importants avec le bio.

Les consommateurs sont également plus exigeants quand à la responsabilité sociétale de leurs achats: pour eux, il est désormais impossible de choisir entre la la protection de la planète et celle des producteurs.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo