Vendredi, après une prise d’otages de plus de quatre heures, trois personnes ont été abattues et seize blessées dans un supermarché Super U de Carcassonne. Alors que l’auteur des faits a été abattu par le GIGN, on sait aujourd’hui qu’il d’agissait d’une attaque terroriste : l’État islamique (EI) l’a revendiquée.

L’auteur des attaques, Radouane Lakdim était en situation irrégulière sur le territoire français et aurait dû faire l’objet d’une procédure d’expulsion. Emmanuel Macron s’est exprimé après l’attaque, pour déclarer que l’attaque terroriste était “endogène en France”.

Comment s’est déroulée l’attaque ?

A 10h13 ce vendredi, Radouane Lakdim a volé un véhicule près d’une caserne CRS de Trèbes : il a tué le passager d’une balle dans la tête et blessé le conducteur pour ensuite s’échapper avec la voiture. Au volant, il a tiré sur quatre CRS qui faisaient un footing sur la route. L’un d’entre eux est légèrement blessé à l’épaule.

Il s’est ensuite rendu à Trèbes, petite ville de 5 000 habitants près de Carcassone, pour entrer dans le supermarché Super U à 11h15 et y prendre en otages plusieurs personnes. Un client raconte qu’après avoir entendu l’homme crier “Allah Akbar” et tirer plusieurs coups de feu, une dizaine de personnes s’est réfugiée dans une pièce frigorifique pour ensuite sortir par la porte de secours.

Les enquêteurs ont rapidement fait le rapprochement entre l’Opel Corsa blanche ayant été repérée près du Super U et la voiture volée dans la cité de Carcassonne. Rapidement, le GIGN et les policiers d’élite du Raid ont été appelés sur les lieux, pour donner l’assaut vers 14h20.

Selon le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, l’attaquant aurait agi seul. A en croire les médias BFMTV et LCI, Radouane Lakdim aurait durant l’attaque réclamé la libération de Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir participé aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Quel est le bilan des victimes ?

Trois personnes ont été tuées, et 16 blessées lors de l’attaque. Selon Emmanuel Macron qui a donné une conférence de presse, deux d’entre elle sont dans un état grave.

Qui était Radouane Lakdim ?

Peu après les faits, le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a révélé l’identité du suspect : il s’agit de Radouane Lakdim, homme de 25 ans né au Maroc mais de nationalité française. Il vivait dans un quartier populaire près de la cité de Carcassonne avec sa famille.

Radouane Lakdim n’était pas inconnu des services de renseignement qui l’avaient suivi entre 2016 et 2017 pour des faits de petite délinquance : port d’armes prohibé et abus de stupéfiants. Selon le procureur de Paris François Molins, s’il était fiché S depuis 2014, aucun signe précurseur ne laissait paraître un tel évènement. Il serait passé à l’acte de manière brutale.

En situation irrégulière sur le territoire, il avait été placé en garde à vue deux jours avant l’attaque pour des faits de droit commun et aurait du être expulsé. Cependant l’agent de la préfecture avait décidé de ne pas prononcer cette sanction.

Est-ce bien une attaque terroriste ?

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué les attaques peu après les faits dans un communiqué par le biais de son agence de propagande Amaq : “L’homme qui a mené l’attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l’État islamique, qui a agi en réponse à l’appel de l’organisation à viser les pays membres de la coalition internationale anti-EI”.

Aujourd’hui le fichier de surveillance des individus fichés S pour radicalisation contient plus de 18 000 noms, dont 4 000 particulièrement dangereux. On comprend vite la difficulté de la tâche pour les services de surveillance. La menace reste élevée en France, même si 20 attentats ont été déjoués en 2017 et 2 depuis le 1er janvier 2018.

Quelle est la réaction d’Emmanuel Macron ?

Le Président de la République s’est exprimé sur les faits à Bruxelles, rappelant que la menace terroriste demeurait élevée et endogène en France. Cette menace aurait selon lui évolué, avec des individus se radicalisant eux-mêmes. Il a ensuite rappelé les différentes mesures anti-terroristes mises en place depuis le début de son quinquennat.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo