Une petite ville de Seine-et-Marne relance le débat sur le port de l’uniforme à l’école. À Provins, 62% des parents d’élèves des six écoles publiques élémentaires interrogés y sont favorables. Ainsi, les 759 élèves de la ville porteront l’uniforme, si les parents le souhaitent, dès la rentrée prochaine.

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer à réagi à ces résultats, pour déclarer que le sujet est avant tout “un enjeu d’égalité” qui pouvait répondre à des “phénomènes matérialistes un peu stupides”.

Mais le port de l’uniforme à l’école peut-il à lui seul effacer les inégalités sociales ?

Un trousseau de 10 pièces à 145 euros

C’est ainsi que seront habillés les 759 élèves de la ville de Provins en Seine-et-Marne dès la rentrée prochaine, à la discrétion des parents. Pour le moment il s’agit d’un port de l’uniforme “non obligatoire”. La mairie a effectué un appel d’offres afin de trouver un fournisseur d’uniformes, et c’est au retour des vacances de la Toussaint que la règle d’habillement sera mise en place dans les écoles.

Les 759 élèves du CP au CM2 pourront disposer d’un trousseau composé de 10 pièces et d’une valeur de 145 euros. Dans le lot, on retrouve un polo bleu avec la devise républicaine, un pull bleu, ainsi qu’une veste de sweat-shirt bleu marine. À partir du deuxième enfant le coût sera divisé par deux, et la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) aidera les familles ne pouvant s’acquitter de ce montant.

Le ministre de l’Éducation nationale valide

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer se devait de réagir face à l’évènement: selon ses déclarations à BFMTV, le port de l’uniforme à l’école en France est “utile”, mais doit être mis en place seulement si la mesure “fait consensus” au niveau local.

Traduction, la mesure doit être validée par les écoles pour être mise en place. Le ministre ajoute que le port de l’uniforme peut être considéré comme “une réponse” à des “phénomènes matérialistes un peu stupides”, à savoir l’engouement des jeunes pour certaines marques de vêtements.

Si Jean-Michel Blanquer approuve le port de l’uniforme, il considère que cette pratique ne doit en aucun cas être “l’alpha et l’oméga d’une politique éducative”. En bref, cela ne doit pas devenir un sujet national.

Rappelons que cela fera l’objet d’une proposition de loi de La République En Marche qui sera examinée par les députés cette semaine. Par ailleurs, le ministre de l’Éducation nationale a soutenu l’idée de l’interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges.

Un thème souvent évoqué, jamais appliqué

Très répandu dans le monde, le sujet de l’uniforme scolaire fait très régulièrement les gros titres en France depuis une quinzaine d’années. Le gouvernement Raffarin l’avait évoqué en 2003, et divers élus l’ont remis au goût du jour au fils des ans. Lors de dernière campagne présidentielle, Emmanuel Macron déclarait “réfléchir” au retour de l’uniforme, tandis que Fillon et Le Pen l’inscrivaient sans détour dans leurs programmes respectifs.

Le port de l’uniforme est idéalisé, et fait l’objet de nombreux mythes. Mais contrairement aux croyances, il n’a jamais existé en France, et ce même sous la IIIe République. Certes les élèves ont longtemps porté la blouse dans les écoles communales, mais cela était fait pour des raisons pratiques et non d’égalité.

De plus, le port de la blouse était sans aucune obligation. L’uniforme a parfois été imposé dans des écoles, collèges et lycées publics “haut de gamme”, mais de manière anecdotique. En bref, il existe aujourd’hui une nostalgie de quelque chose qui n’a jamais vraiment existé.

63% des français favorables

Selon un sondage Ifop, 63% des français sont favorables au port de l’uniforme. Chez les électeurs LR et FN, ce chiffre passe à 80%. Selon eux, il pourrait mettre fin à la “course aux marques” dans les cours d’écoles et réduirait donc les inégalités.

Ainsi, l’uniforme représenterait un vecteur d’intégration qui repose sur le principe de l’unicité. Les expert nuancent ces propos: selon eux, “l’uniforme n’est qu’un artifice qui se contente de gommer les inégalités, sans vraiment lutter contre elles”.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo