Le Brexit n’a pas encore commencé, mais les français installés au Royaume-Uni semblent avoir amorcé leur départ. Pour tous les établissements scolaires installés à Londres, le constat est le même : si le nombre de départs n’augmente pas, le nombre d’arrivées décline fortement.

Ces écoles sentent les premiers effets du Brexit et se préparent à une rentrée plus compliquée que l’an dernier. On peut citer le Collège français de Londres (CFBL) où le recul s’était déjà fait sentir en 2017, et où un déficit d’une trentaine d’élèves sur l’année en cours est constaté.

Le nombre d’inscription en net déclin

Au Lycée français de Londres, les demandes d’inscription étaient déjà tombées en dessous de 200 pour l’année scolaire 2017, contre 450 en 2016. Est-ce attribuable au Brexit ?

Pour répondre à cette question, il faut prendre en considération le plan École de 2008 qui a délesté les arrivées au profit de deux établissements, à savoir le CFBL créé en 2011 et le Lycée international de Londres ouvert en 2015. Ils visent respectivement 920 et 1 000 élèves à la rentrée prochaine.

L’an dernier, le CFBL avait lancé un questionnaire à destination des parents d’élèves, auquel la moitié des 850 parents avaient répondu en 24h : seulement 4,3% des interrogés prévoyaient de quitter Londres, tandis que 14,9% étaient toujours indécis. Si 62% d’entre eux déclaraient repartir en France, seulement 16,8% mettaient en cause le Brexit dans leur décision.

Pour autant les établissements scolaires ne se reposent pas sur leurs lauriers : ils essaient de s’adapter à cette demande en baisse. Pour équilibrer ses recettes, le Lycée français a par exemple ouvert dans deux écoles, des petites sections de maternelle à un prix plus élevé (autour de £9.000).

Il a également ouvert sa section britannique à des élèves français, à grand renfort de publicités dans les médias. Enfin, sa campagne d’inscription a débuté au mois de janvier, soit trois mois plus tôt qu’à l’accoutumée.

A en croire Bruno Le Maire, plusieurs milliers de familles seront délocalisées vers la France après le Brexit. Le Ministre français de l’Économie et des Finances a ajouté que le mouvement n’allait pas se faire du jour au lendemain mais progressivement, dans la durée.

Depuis le référendum de 2016, les autorités françaises tentent d’instaurer un climat accueillant pour les entreprises financières installées à Londres. Paris espère à présent convaincre les grandes banques internationales installées à Londres d’y déplacer leurs activités.

La concurrence des écoles françaises s’intensifie

Outre le Brexit, les écoles françaises de Londres doivent également faire face à une concurrence plus intense que jamais. Juste avant le référendum de 2016, deux nouveaux établissements ont ouverts, à savoir l’Ecole Internationale Franco-Anglaise en 2013 (300 élèves) et Jeannine Manuel en 2015, qui compte 365 élèves à Londres.

Établissements français de Londres et leurs frais de scolarité

Lycée français Charles de Gaulle : £7.710 par an
Collège français bilingue de Londres CFBL : £10.380 par an
Lycée international de Londres Winston Churchill : £11.700 par an
Ecole Jeannine Manuel : £18.960 par an
Ecole Internationale Franco-Anglaise : £20.860 par an

Quelle est votre situation ?

Vous vivez déjà au Royaume-Uni

Si votre famille est déjà installée au Royaume-Uni, votre situation post-Brexit dépendra de votre ancienneté : pour les résidents de plus de 5 ans, le statut de résident à durée illimitée peut être obtenu à la fin de l’année.

Pour les autres, il faudra attendre d’avoir atteint les 5 ans d’ancienneté pour obtenir ce statut. Que le statut soit temporaire ou permanent, les résidents auront les mêmes accès aux services publics, soins de santé et retraites.

Vous arriverez au Royaume-Uni après le Brexit

Dans ce cas, vous pouvez vivre, travailler et étudier au Royaume-Uni pour une durée supérieure à trois mois à condition de vous inscrire auprès du Bureau de l’Intérieur. Il est donc nécessaire de demander le statut de résident temporaire, d’attendre 5 ans de résidence continue et légale pour ensuite demander le statut de résident permanent.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo