C’est la Corée du Sud qui accueillera les prochains Jeux Olympiques d’hiver du 9 au 25 février 2018 à Pyeongchang, sous fond de crise diplomatique avec son voisin, la Corée du Nord. Tandis que la France espère remporter une vingtaine de médailles, la Russie a été suspendue des jeux en raison des affaires de dopage.

Ne vous y trompez pas : ici la plus grande inconnue ne sera pas sportive, mais bien politique. Durant la tant attendue cérémonie d’ouverture, les délégations des deux Corées vont défiler sous un drapeau unique représentant la péninsule unifiée.

Les JO seront-ils suffisants pour amener la paix entre les deux pays qui n’ont pas communiqué depuis plus de deux ans ?

Trêve olympique entre Corée du Nord et Corée du Sud

Suite à plusieurs années de silence et de tensions, les deux Corées semblent prendre le chemin de la réconciliation : création d’une équipe de hockey sur glace commune, déploiement du drapeau du Nord jusque là interdit dans le Sud ou encore défilé sous le même drapeau le 9 février lors de l’inauguration des Jeux sont autant d’évènements qui montrent la bonne volonté des deux pays. Si Séoul souhaitait que ces jeux soient ceux de la paix, l’évènement a réchauffé les relations entre les deux pays.

Utilisé pour la première fois en 1991 lors d’un tournoi de tennis de table au Japon, le drapeau unifié des deux Corées représente le pays tout entier et sans démarcation. A côté de la silhouette du pays, un point représente un groupe d’îles situé en mer du Japon, les rochers de Liancourt.

Apparemment insignifiantes, ces îles cachent pourtant un conflit territorial très ancien et elles sont revendiquées par le Japon depuis plus d’un demi siècle. Ainsi, pour les autorités nipponnes ce drapeau est inacceptable.

Un revirement diplomatique inattendu

En quelques semaines, Corée du Nord et Corée du Sud sont passées des insultes au dialogue. Alors que les tensions atteignaient des sommets lorsque Pyongyang effectuait des tirs de missiles intercontinentaux visant les États-Unis et ignorait les invitations répétées de Séoul aux JO d’hiver, Kim Jong-Un a soudainement annoncé l’envoie de sportifs en Corée du Sud.

Après la visite d’une délégation en Corée du Sud, les deux pays se sont mis d’accord pour défiler côte à côte lors de la cérémonie d’ouverture du 9 février. Il s’agirait tout simplement d’une “stratégie diplomatique par le sport”, fait assez répandu dans l’histoire des Jeux Olympiques.

Les soupçons de dopage entâchent la compétition

Pour la première fois de l’histoire, la Russie ne participera pas aux Jeux Olympiques. Le pays a été banni en raison du scandale de dopage institutionnalisé sans précédent. Mais une enquête de contrôle choc réalisée entre 2001 et 2010 aurait révélé de nombreux cas de dopage chez 290 skieurs de fonds, dont 18 français. À quelques jours de l’ouverture des Jeux, le monde du ski de fond pourrait être déstabilisé.

Toujours selon l’enquête, un tiers de l’ensemble des médailles depuis 2001 aurait été remporté par des sportifs présentant des “résultats suspects”. 313 médailles et 290 skieurs sont concernés. Si pour le moment on ne connaît pas l’identité des athlètes, les sportifs russes sont sans grande surprise les plus concernés, avec 51 skieurs.

Vient ensuite l’Allemagne avec 20 cas suspects, et la France avec 18. Du côté des méthodes citées, on retrouve essentiellement les injections d’hormones de croissance et les transfusions sanguines.

Le coût des JO, difficile à établir

S’il est difficile d’établir le coût réel des Jeux d’hiver, il semble que Pyongyang soit sur le podium au niveau de la facture. Les médias américains parlent de $12,9 milliards, ce qui est très loin des $36 milliards des jeux de Sotchi. Mais c’est toujours 50% de plus que ce qui est prévu pour les Jeux de Paris 2024 avec €6,8 milliards.

Comme toujours la facture finale sera supérieure à la facture prévisionnelle : le coût des Jeux avait été estimé de 7 à $8 milliards en 2011. Encore une fois, le “théorème” selon lequel la facture des JO est doublée par rapport aux prévisions se vérifie.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo