Certes, la préfecture de police de Paris anticipait des débordements lors du défilé du 1er mai visant à célébrer la Fête du travail. Mais pas à ce point là.

La manifestation à l’appel de la CGT démarrée à 15h a rapidement été éclipsée par ces « 1 200 black blocs » qui portent les effectifs de la manifestation à 55 000 personnes. Selon la Police, c’est du “jamais vu”. Mais qu’est-ce qu’un black bloc ?

“Du jamais vu” pour les forces de police

La manifestation à l’appel de la CGT démarrée aux alentours de 15h00 sous le mot d’ordre “convergence des luttes” a rapidement été éclipsée lorsque selon la Préfecture de police, « 1 200 black blocs » ont pris la tête du mouvement.

Selon la police, “c’est du jamais vu” : 14 500 personnes externes au mouvement syndical évalué à 55 000 personnes (20 000 selon la CGT). Ces centaines d’individus ont causé d’importantes dégradations dans la capitale. Souvenez-vous, lors des manifestations parisiennes du 1er mai 2017, la police avait dénombré 800 personnes à la tête du cortège, dont 150 black blocs.

D’après le parquet de Paris, au total 102 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de cette manifestation parisienne, dont 43 en garde à vue prolongée soit plus de 24 heures. Parmi elles, 38 majeurs et 5 mineurs.

L’ensemble de ces personnes est soupçonné d’avoir “participé à un groupement armé en vue de commettre des violences ou des dégradations” et de “participer à une manifestation étant porteur d’une arme”, ainsi que d’infliger des violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique”. Deux tiers de ces personnes étaient des hommes, âgés d’une vingtaine d’années.

31 commerces ont été détruits

Au total, 31 commerces, dont une concession Renault et un McDonalds, ainsi qu’une quinzaine de véhicules ont été dégradés. Équipés de banderoles « Premiers de cordée, premiers guillotinés », les “black-blocs” scandaient « Tout le monde déteste la police » et « Paris, debout, soulève-toi », ou encore « Le Black-Bloc colore nos vies ».

D’un autre côté, les forces de l’ordre ont enserré ce cortège de tête avec des lanceurs d’eau et gaz lacrymogènes. Les fauteurs de trouble ont fini par rebrousser chemin et regagner la Gare d’Austerlitz.

Les critiques quant à la sécurisation des défilés du 1er mai ne se sont pas faites attendre de la part des responsables politiques et des policiers. Selon eux, ces violences auraient pu être évitées.

Le numéro deux du syndicat Alliance Frédéric Lagache a déclaré “Il faut revoir la conception du maintien de l’ordre”, tandis que le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure a réclamé une commission d’enquête pour “faire la lumière” sur la “chaîne de commandement” des forces de l’ordre.

Le Premier Ministre Édouard Philippe a assuré au micro de BFM qu’aucune défaillance de l’État n’était à déplorer dans le cadre de ces manifestations, pour ensuite déplorer les images “profondément choquantes et scandaleuses” qui ont pu être observées lors du défilé.

Selon lui, ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est absent pour un voyage officiel “qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion”. Au vue de la tournure prise par la manifestation, le Préfet des police de la ville de Paris a proposé au cortège syndical d’emprunter un autre itinéraire, ce qui lui a valu d’être accusé de complaisance.

Qui sont les “black-blocs” ?

Les “blacks blocs” sont apparus dans le cadre du mouvement autonome allemand des années 1980 pour lutter contre toute forme de capitalisme. Il s’agissait alors d’un groupuscule habillé en noir des pieds à la tête pour empêcher toute identification.

Aujourd’hui les blacks blocs sont considérés comme les militants anarchistes et autonomes les plus virulents qui espèrent convaincre les militants plus pacifistes d’user de la violence. En bref, les “black-blocs” ont pour but de prouver à l’opinion publique que l’État est “incapable de tenir la rue”.

Selon le spécialiste des manifestations Olivier Cahn, les black-blocs tombent dans 3 catégories : les militants révolutionnaires qui utilisent ce genre de mouvement pour créer un début d’étincelle, les militants d’ultra-gauche moins politisés et enfin les “opportunistes” qui participent pour faire de la casse. Les services de renseignement produisent souvent des rapports sur ces “habitués” des cortèges et autres mobilisations.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo