Après sa collision avec un cargo et l’incendie qui a suivi, le pétrolier iranien Sanchi a sombré dans la Mer de Chine le 14 janvier dernier à seulement 300 km de Shanghai, entraînant avec lui 136.000 tonnes d’hydrocarbures légers.

Selon les images satellites, la marée noire provoquée s’est étendue très rapidement, pour s’étaler sur une surface de 332 km² soit trois fois la taille de Paris. Le bilan est catastrophique: en plus des trente deux marins ayant perdu la vie, les conséquences sur l’environnement seront irréversibles.

La marée noire triple de taille en quatre jours

Transportant 136 000 tonnes d’hydrocarbures légers, le pétrolier iranien Sanchi a heurté un cargo hongkongais à l’est de la ville de Shanghai le 6 janvier dernier. Après avoir brûlé pendant une semaine, Sanchi a sombré le 14 janvier et gît à 115 mètres de profondeur. Il a entraîné avec lui 136.000 tonnes d’hydrocarbures légers mais extrêmement inflammables, ainsi que 2 000 tonnes de diesel lourd destinées à faire tourner ses machines.

Lors de la collision près de Shanghai avec un navire de Hong Kong, le pétrolier voguait en direction de la Corée du Sud afin d’y livrer sa cargaison pour la société de pétrochimie Hanwa Total. Sanchi a ensuite pris feu et été poussé par les vents pour terminer sa course près d’Okinawa.

Sur les 32 membres d’équipages présents, aucun n’a survécu. Le pétrolier a sombré avant que l’intégralité de sa cargaison de pétrole ait brûlé, ce qui constitue un facteur aggravant selon les spécialistes. En effet il va libérer des milliers de tonnes de mazout du fond de la mer, pétrole le plus sale qui existe.

D’après les images satellite, trois nappes d’hydrocarbures mesurant 332 km2 stagnent en mer de Chine. Les côtes sud-coréennes et japonaises sont potentiellement menacées à cause des vents et courants marins. L’expert des marées noires situé en Alaska Richard Steiner est formel: il s’agit du plus gros déversement de condensats dans la nature ayant jamais eu lieu. Selon lui l’intégralité de la cargaison a été brûlée ou répandue en mer.

Les condensats représentent le vrai danger

Si Sanchi a coulé avec 2 000 tonnes de diesel lourd soit 1 million de barils de pétrole, le vrai danger réside dans les condensats. Ce sont des hydrocarbures à l’état gazeux qui se condensent lors d’un refroidissement. Ainsi, au lieu de former une nappe en surface ou en profondeur, le condensat se transforme un nuage toxique se forme entre deux eaux ou s’évapore dans l’air.

Depuis une dizaine d’années, le trafic de condensat a augmenté en raison de la multiplication des puits de gaz. Ainsi, cet accident n’est pas surprenant. Pour le moment, il est impossible de déterminer quelle quantité de condensat a brûlé lors de l’incendie, ni quelle quantité a été déversée dans la mer lors du naufrage.

La mer de Chine est déjà extrêmement polluée

À en croire Greenpeace, la pollution engendrée par le naufrage aura un impact irréversible sur de nombreuses espèces maritimes, et en particulier sur la baleine à bosse et la baleine grise. Selon Pékin qui se veut rassurant, les condensats auraient un impact sur l’océan moins important que les autres types de pétrole. De plus, au vu de l’éloignement des côtes le naufrage auraient un impact minime sur l’homme.

Loin d’être abattus par la nouvelles, les pêcheurs chinois ont simplement déclaré qu’ils iraient pêcher ailleurs, la zone du naufrage étant de toute façon très pauvre en poisson. La mer de Chine orientale étant depuis longtemps réputée pour son extrême pollution, en provenance du continent avec le fleuve Yangtsé, le plus long de Chine. Ainsi, pour eux la marée noire ne fait pas de grande différence, ils iront simplement plus au nord.

Alors que le pétrolier iranien gît à 115 mètres de profondeur, la Chine n’envisage pour le moment aucune remontée en raison du risque d’explosion. En attendant, les autorités chinoises utilisent des robots sous-marins télécommandés afin d’inspecter l’épave et de vérifier la présence d’essence dans le bateau. Si c’est le cas, il sera possible de pomper le combustible avant qu’il ne soit rejeté dans la mer. Pour le pétrole qui s’est déjà échappé, il n’y a malheureusement rien à faire.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo