Après les nombreuses accusations d’abus sexuel à l’encontre de Harvey Weinstein, le procureur général de l’Etat de New York a engagé des poursuites judiciaires contre sa société, la Weinstein Company.

Cela aurait fait échouer les négociations de reprise qui visaient à préserver les actifs et les emplois, pour finalement pousser le frère du producteur hollywoodien à déclarer la société en faillite.

Pour le conseil d’administration de la Harvey Weinstein, cette liquidation reste la seule option viable pour conserver ce qui reste de la société.

Poursuites engagées par l’État de New York

Le 11 février dernier, le procureur général de l’État de New York annonçait des poursuites au civil à l’encontre de la Weinstein Company qui n’aurait pas protégé ses employés contre son directeur Harvey Weinstein. Cela tombe mal pour la compagnie, alors que des négociations en vue de sa reprise avaient presque abouti. Afin de maximiser ce qui reste de la société, le conseil d’administration n’avait d’autre choix que de choisir l’option de la liquidation en bonne et due forme.

À en croire le procureur général, trois principes doivent être respectés pour toute reprise de société: les victimes doivent être dédommagées de manière adéquate, l’avenir des employés doit être protégé et les dirigeants coupables d’abus ou ayant permis des abus ne doivent pas être récompensés. Il a jugé comme “inacceptable” le projet de reprise qui prévoyait de nommer président l’ancien directeur des opérations de la Weinstein Company David Glasser.

La TWC aurait été organisée de telle sorte que les abus d’Harvey Weinstein étaient facilités. En effet, certains de ses employés étaient chargés d’accompagner le producteur à des soirées et évènements pour y faciliter ses conquêtes tandis que d’autres étaient chargés de nettoyer son bureau après ses relations sexuelles. La secrétaire personnelle de Harvey Weinstein elle-même a déclaré avoir été forcée de faciliter les abus.

Un producteur au destin monstrueux

Souvenez-vous, c’est le 6 octobre dernier qu’Harvey Weinstein est tombé de son piédestal lorsque le New York Times publie une tribune dans laquelle plusieurs femmes l’accusent d’abus sexuel. Le modus operandi serait toujours le même: le producteur aux trois cent nominations aux Oscars attire les femmes dans sa chambre d’hôtel pour ensuite leur proposer une évolution de carrière en échange de faveurs sexuelles.

Au total, plus de 80 femmes auraient été humiliées par Weinstein dont Ashley Judd, Gwyneth Paltrow, Salma Hayek ou encore Léa Seydoux. Elles l’ont accusé de les avoir harcelées, agressées ou même violées dans certains cas.

Parmi tous les témoignages, c’est probablement celui de Rose McGowan qui est le plus choquant: elle affirme avoir été violée par Weinstein puis payée 100 000 dollars en échange de son silence. Selon elle Ben Affleck et Matt Damon auraient même été au courant du comportement de Weinstein depuis le début.

Trois enquêtes sont ouvertes pour agression sexuelle

Aujourd’hui le producteur fait l’objet de trois enquêtes aux États-Unis: à New York et Los Angeles puis des agressions sexuelles remontant à 2004, et à Beverly Hills pour “plaintes multiples”. Pendant ce temps, Harvey Weinstein est en exil dans un centre de désintoxication de luxe en Arizona décrit comme un «spa pour traiter l’addiction sexuelle» par les médias.

Après le scandale, Weinstein devient un véritable paria auprès de la communauté internationale. Il fut exclu de l’Académie des Oscars le 12 octobre, banni au festival de Cannes, tandis qu’Emmanuel Macron a annoncé le retrait de sa Légion d’Honneur le 15 octobre.

La société TWC, qui a été fondée en 2005 lorsque les deux frères Weinstein ont revendu le studio Miramax à Disney, a produit des filmes cultes tels que “The Artist”, “Django Unchained”, ou encore “Le discours d’un Roi”.

Alors que la société battait de l’aile avant le scandale, elle tourne au ralenti depuis que son co-fondateur a été licencié le 8 octobre dernier: plusieurs projets ont été suspendus et la sortie de films achevés a été repoussée jusqu’à nouvel ordre. Les films concernés sont notamment le remake du film français Intouchables ou encore la comédie avec Robert de Niro The War with GrandPa.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo